Le colonel, le bras en écharpe, passe dans les lignes. — C’est bien, mes enfants… Mais tout n’est pas fini… il nous faut la troisième tranchée avant ce soir… — On l’aura, mon colonel… En attendant le signal de la seconde attaque, les hommes travaillent, piochent, amassent les sacs, s’aménagent pour résister dans les ouvrages qu’ils viennent de prendre… Les sections emmêlées se retrouvent, se reforment… Les brancardiers cherchent les blessés… Les cartouchières sont remplies… Des rafales qui passent annoncent que les Boches se sont reformés sur leur troisième ligne… Les shrapnells écartent au-dessus des têtes leur voûte de mitraille… Le ciel est toujours gris, l’horizon brumeux… Et à droite, le village semble endormi… Ces maisons, serrées les unes contre les autres, dans la tristesse et l


