CHAPITRE 2 : Mystérieux inconnu

1406 Mots
LES ENFERS, EN NOTRE TEMPS. Je me réveille doucement, encore perturbée par ces souvenirs de mon passé qui hante mes rêves chaque nuit. Je me lève avec lenteur et comme à mon habitude, me fait couler un bon bain chaud. Maria, ma servante, frappe à la porte de ma chambre puis entre pour m'apporter du thé et des serviettes propres. — Merci Maria. Lui dis-je avec gratitude. Posez cela ici, je vais m'en occuper. Elle s'exécute, me fait une révérence puis sort de la pièce. J'agrémente l'eau de sel parfumé et y ajoute du bain moussant avant de retirer ma nuisette de soie et de plonger dans ma baignoire. Je prends ensuite un livre sur la petite table posée juste à côté, puis ma tasse de thé que je commence à siroter doucement en tournant les premières pages de mon roman. Ma vie a bien changé depuis mes années passées chez tante Anémone. Même si ces affreux souvenirs restent ancrés au plus profond de moi. Aujourd'hui aura lieu le couronnement de mon frère aîné, Iblis. Il devient le nouveau roi des enfers, après que notre père, Satan, est décidé de lui céder le trône et de m'abandonner par la même occasion. J'avoue que l'annonce de sa mort m'affecte encore, car je lui dois beaucoup. À peine le temps de sortir de mon bain et d'enfiler ma serviette, que mon grand frère entre dans ma chambre sans frapper, comme à son habitude. — Je ne vais pas y arriver. Désespère-t-il en faisant les quatre cents pas devant moi. Comment veux-tu que je gouverne un royaume, alors que je n'arrive même pas à faire mes lacets. Je soupire puis viens m'asseoir dans mon petit fauteuil en velours rose. Iblis est un idiot, mais il est de loin mon frère préféré. Et il a pris la fâcheuse manie de venir me voir à chaque fois qu'il a des problèmes. — Tu vas y arriver Iblis. Lui assurai-je avec bienveillance. Puis, tu ne seras pas seul. Ta femme sera là pour t'épauler et moi, je couvrirais les nombreuses bavures que tu nous réserveras. Il rit puis vient embrasser ma joue avec tendresse. J’adore quand il fait ça. L’un des seuls hommes avec mes autres frères à pouvoir le faire. Ne supportant plus le contact masculin depuis bien longtemps, eux ont toute ma confiance. — Qu'est-ce que je serais devenu sans toi Belphégor ? Me dit-il avec reconnaissance. Je souris puis lui répond en toute la franchise, la même qui fait de moi une sœur exceptionnelle à ses yeux. — Un pauvre crétin, un idiot, se lamentant sur lui-même et repoussant toutes personnes osant s'approcher trop près de son cœur, c'est évidemment ! Il rit à nouveau tout en s'avançant vers la porte d'un pas décidé. — Je ne peux malheureusement pas te contredire ma sœur. Et puis... Tu as toujours raison, alors... Il sort sans même finir sa phrase. Mais il est vrai que j'ai toujours raison. Après tout, je ne suis pas le démon de la paresse et de la connaissance pour rien. Quelque heures plus tard. Le soir venu, je descends les marches du grand escalier puis traverse le hall du château pour me diriger vers la salle du trône où aura bientôt lieu le couronnement. Je salue mes frères et les autres invités, arborant une magnifique robe en dentelle bleu marine qui fait ressortir mes yeux clairs et mon teint pâle. Tous les convives portent un masque, sauf les hôtes importants et la famille royale ont le visage entièrement découvert. Il y a encore plus d'invités qu'il n'y en avait au mariage princier d'Iblis et de sa femme Erza. Le couronnement se déroule en toute simplicité et dans le respect des traditions. Bien évidemment, je ne peux retenir mes larmes de joie. Je suis tellement fière de mon grand frère et de tous les progrès qu'il a fait durant cette année. Il a trouvé l'amour de sa vie et je suis maintenant tata de deux merveilles. Un grand bal commence et les invités se mettent à danser sur la douce symphonie jouée par l'orchestre. Je m'assois sur un canapé de velours rouge dans un coin de la grande salle, exténué d'être resté aussi longtemps debout. Je regarde mes frères danser avec mélancolie quand je remarque un homme de l'autre côté de la piste, qui me dévisage avec insistance. Je détourne mon regard avec embarras, je dois avouer que les mâles Quelles que soient leurs espèces, sont pour moi un danger à éviter par tous les moyens. Mais il traverse doucement la salle en regardant toujours dans ma direction. Oh non ! Ne t'approche pas, ne t'approche pas... Et merde ! Je fais mine de ne pas l'avoir remarqué. Arrivé juste en face de moi, je lève les yeux vers lui avec angoisse. Il ne dit rien et me dévisage bouche entre ouverte. Il porte une simple chemise blanche ouverte au col, un costume noir à bas prix et ses énormes rangers noir en disent longs sur sa position hiérarchique au sien des enfers. Ses mains sont recouvertes de petites cicatrices, sa manucure laisse à désirer et sa barbe a au moins une semaine. En clair, un démon de bas étages. Il pose un genou à terre puis me tend la main. — Je... Votre altesse. Hésite-t-il d’une voix vacillante. J'aimerais... Danser avec moi... S'il vous plaît. Je sonde son regard masqué à la recherche de fourberie ou d'hypocrisie, mais je n'en vois pas. Pas l'ombre d'un signe qui pourrait me faire douter de sa sincérité. Ses yeux d’un bleu sombre, se vide peu à peu, à mesure que ma réponse se fait tarder. Et sa main tremblante toujours tendue vers moi, trahi une profonde angoisse. J'avale ma salive puis tripote nerveusement mes doigts avant de tendre doucement une main et la glisser avec prudence sur la sienne. Un léger souffle de soulagement s'échappe de ses lèvres quand mes doigts effleurent sa peau. C'est sûrement une erreur de me laisser ainsi aborder par un inconnu. Mais sa façon de me regarder... Comme s'il me connaissait depuis toujours... C'est étrangement déstabilisant. Je me lève puis il m'accompagne au milieu de la piste en me regardant toujours droit dans les yeux. Il se place face à moi puis pose doucement sa main sur le haut de mes reins. Je pose la mienne sur son épaule. Il me guide lentement au rythme des violons et des flûtes traversières. Je ne peux décrocher mes yeux de son visage à moitié visible. Son regard est rempli de douceur et ses lèvres exquises de léger sourires gênés, qu'il tente de retenir sans vraiment le pouvoir. Je rougis quand je m'aperçois qu'il analyse le moindre trait de mon visage d'un regard émerveillé. Il est vraiment étrange, mais son comportement d'une extrême douceur, mélanger à sa maladresse, me fait penser un peu à moi, il y a des années. Quand la mélodie se termine, il est à la fois déçu et heureux. Il retire lentement sa main de mon dos puis baisse les yeux au sol. L'autre, encore tremblante, teint toujours la mienne. Il la soulève doucement vers son visage puis vient plonger ses yeux dans les miens. Il hésite un court instant avant de venir déposer ses lèvres sur ma peau. Il ferme les yeux puis y laisse un doux b****r. Le contact de sa bouche chaude et humide me donne un léger frisson. Je soupire, surprise de l'effet que cet homme a sur moi. Jusqu’à maintenant, seul mon meilleur ami, Anarazel, me faisait ressentir une telle sensation de sécurité et une véritable attirance. Malheureusement, comme si le sort s’écharnait contre moi, il n’était pas libre et déjà lié à une autre femme. Me faisant souffrir sans vraiment le vouloir. Il lâche délicatement ma main et reste planté devant moi, sans savoir que faire, en me fixant toujours avec exaltation. Je me tourne au plus vite pour couper court à cette situation gênante. Et me précipite vers la sortie. Il ne faut pas Belphégor ! Je m'interdis à moi-même de retomber dans le piège de la séduction. Une fois dans ma chambre et allongé confortablement dans mon lit, je ne peux m'empêcher de repenser à ses yeux et à sa gentillesse. Qui es-tu donc... ? Mystérieux homme masqué au doux regard. Mais mon esprit se noircie en repensant à la situation presque similaire que j'ai vécu, il y a de cela plus d’un siècle maintenant.
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