La clairière s’était peu à peu vidée, avalée par les ténèbres de la nuit. Les murmures qui l’avaient saturée quelques instants plus tôt s’étaient dissipés dans l’air froid, mais leur écho continuait de vibrer dans ma poitrine comme une tempête silencieuse. Le cercle des lieutenants s’était brisé, pourtant leurs regards brûlants persistaient encore dans ma mémoire, lourds comme des chaînes. Des regards qui disaient sans un mot : tu n’es pas des nôtres. Tu n’as rien à faire ici. Je suivis l’Alpha en silence, mes pas maladroits derrière sa démarche assurée. Il n’avait pas prononcé un mot depuis la fin du rituel d’acceptation, et pourtant sa présence suffisait à étouffer mes pensées. À chaque fois que nous croisions un membre de la meute, je sentais ce même poids invisible s’abattre sur moi.


