Le hurlement de l’Alpha résonnait encore dans mes os, comme un battement sourd imprimé dans ma chair. Son écho vibrait contre les pierres dressées, se mêlant au chant primal des lieutenants qui avaient fini par répondre malgré leur colère, malgré leur refus, malgré tout ce qu’ils auraient voulu nier. Pendant un court instant, le monde sembla formé uniquement de sons sauvages, de cris arrachés à la nuit, d’une mélodie brute et ancienne qui m’enveloppa de sa brutalité. C’était comme si la clairière entière respirait au rythme de ces voix, comme si les arbres eux-mêmes tremblaient sous la puissance de la tradition, du rite, du pouvoir brut qui s’était déchaîné autour de moi. Puis, peu à peu, la clameur se dissipa, se brisa contre le silence comme une vague mourant sur un rivage trop lisse.


