VLa petite rue Sainte-Anne a occupé dans la topographie parisienne une place si étroite qu’on ne la trouve signalée dans aucun des guides ni des plans du commencement du siècle ; par contre, si on feuillette les journaux, les physiologies, les chroniques, ce nom revient fréquemment sous la plume de l’écrivain, comme celui d’un des points de Paris dont on s’est le plus occupé à l’époque de la Restauration. À vrai dire, c’était une ruelle qui aboutissait à la rue des Orties, se repliant sur elle-même en un angle presque aigu, impraticable aux voitures et dont les côtés étaient formés par les pignons postérieurs des maisons voisines, si bien que sur l’étroite et sale voie, qu’un ruisseau défoncé transformait en cloaque, s’ouvraient seulement des lucarnes d’un pied carré, garnies de barreaux


