XIIBrisée, mourante, Alise était rentrée chez elle. Pendant le trajet de l’Hôtel-Dieu à la rue de Beaune, Lacour n’avait pas desserré les dents. Elle ignorait même qu’elle ne fût pas seule. Elle ne pensait pas, ne voyait pas, ne se souvenait pas. L’agent de M. Delavau l’avait conduite, en la soutenant, jusqu’à sa porte, puis, sans attendre un remerciement, il était parti très vite. Alise, seule, s’était mise à marcher, allant de la fenêtre à la porte, de la porte à la fenêtre, dans un besoin instinctif de mouvement, comme font certaines folles dans leur cabanon. Elle tenait ses bras ballants, les mains crispées à sa robe. Pas une pensée ne se formulait dans son cerveau, où bruissait une sorte de grésillement tintant comme, aux oreilles des congestionnés, un écho affaibli de cymbales. Ell


