Pour ce qui était d'annoncer la nouvelle à mon père, j'étais parvenu à la conclusion que ce n'était pas du tout une bonne idée de me rendre chez lui et de tout lui raconter de bouche. Mon père était un homme très fort de caractère, les paroles n'avaient pas le don d'adoucir ses mœurs. Donc j'avais décidé que la meilleure manière de lui annoncer cette nouvelle était de le mettre face à la réalité et d'observer sa réaction. J'avais eu en tête l'idée de le faire venir ici urgemment et de le conduit directement au centre. Je savais bien que ça ne serait pas bien de l'emmener ici sans rien lui dire mais c'était nécessaire. J'avais entrepris de faire cela car je savais pertinemment que je ne saurais pas trouver les mots justes pour tout lui dire. Je préférais qu'il voit tout de ses propres yeux. Je voulais qu'il voit sa bien aimée allongée ainsi et qu'il réalise qu'il l'aimait toujours malgré les années. Je n'avais pas parlé à Rose de mon intention car elle n'aurait certainement pas été d'accord. Mais je connaissais bien mon père et je savais que si je lui en parlais d'abord, il ne viendrait jamais voir ma mère car il était très fier. sa fierté prendrait sûrement le déçu sur ses émotions. Mais s'il la voyais ainsi sans même s'y attendre, il serait ému. J'avais Pris ma décision et je comptais la mettre en œuvre le jour même. On était samedi soir et j'avais terminé plus tôt au centre. Je décidai sur un coup de tête de prendre la route afin d'aller voir mon père. J'avais bien-sûr prévenu Rose de mon départ mais je ne lui avais pas fait part de mes intentions réelles. Quand je lui dis que j'allais chez mon père, elle crût sûrement que j'y allais afin de dire toute la vérité à mon père. Mais non, j'avais l'intention de l'emmener au centre. J'étais déjà sur la route et je ne savais pas comment j'allais convaincre mon père de me suivre mais je savais que je réfléchirais en conduisant. Papa ne savait pas que je venais donc, il serait certainement très surpris de me voir. La route était longue mais sans vouloir me vanter, j'étais un as du volant et je roulais plutôt bien et assez vite. J'avais mis seulement deux heures de temps sur la route. J'étais déjà arrivé dans la petite ville d'Edéa. Ça me faisait beaucoup de bien d'y être encore. J'avais tellement de bons et de mauvais souvenirs dans cet endroit. C'est là que j'avais grandi et que j'étais devenu l'homme que je suis. Je connaissais tout le monde dans la ville, du moins, les habitants les plus anciens. J'étais aussi connu de tous, tout comme mon père. C'est aussi dans cette ville qu'il y avait toutes mes premières conquêtes, du moins, celles qui étaient revenues après leurs études. Je ne fis escalle nulle part et je me rendis directement chez nous. Je ne savais toujours pas ce que j'inventerais comme mensonge à mon père afin qu'il me suive mais j'avais espoir que je trouverais un truc, même s'il était improvisé. Je sonnai à la porte et papa m'ouvrit.
- Que me vaut cette surprise ? Toi ici? me dit il alors que j'étais encore sur le palier de la porte.
- Tu vas me laisser dehors, vieil homme ?
On se fit une belle accolade d'hommes et j'entrai aussitôt.
- Mais tu ne m'as pas prévenu de ton arrivée fiston, j'aurais préparé un festin en ton honneur.
- Ce n'est pas grave, tu le feras une autre fois. Je ne suis pas venu pour rien. Ce n'est pas une visite de courtoisie mais je suis venu t'emmener avec moi.
- M'emmener où ? T'ai je dit que je vivais mal ici?
- Ah! tu ne cesseras donc jamais d'être compliqué ! Je suis juste venu te chercher car j'aimerais qu'on passe quelques jours ensemble. La dernière fois que tu étais là, on a pas pu passer assez de temps ensemble. Donc, j'aimerais que demain, toi et moi on profite de mon jour de repos. J'ai très envie de te faire visiter mon lieu de service.
- Tu es toujours plein de surprises toi!
- C'est l'hôpital qui se fou de la charité ou quoi? c'est l'homme le plus surprenant du monde qui me dit que je suis plein de surprises ! Papa, je tiens vraiment à ce que tu voit l'endroit où je travaille. Ne me refuse pas cela. J'ai fait la route jusqu'ici. Devrais je rentrer sans toi?
- C'est du chantage émotionnel que tu me fais là ? Et qu'est ce que moi je gagne à te suivre?
- Et bien, je te paierais par heure tout le temps que tu passeras avec moi.
- Tu essaies de me corrompre ?
- oui
- Je suis d'accord. Laisse moi juste faire mon sac.
Je savais bien qu'il était heureux de savoir que j'ai pensé à lui ainsi. Mais moi, je me sentais très mal de devoir le tromper. Pendant que je l'attendais, je pris la peine de visiter la maison car je voulais voir si tout était toujours comme avant. J'étais surpris de voir que rien n'avait vraiment changé. Tout était resté intact. J'allai même faire un tour dans ce qui avait été ma chambre pendant plus de 20 ans. J'étais très étonné de voir que papa n'avait touché à rien. On aurait même dit qu'il la nettoyait de temps en temps. Ma chambre était toujours comme avant, comme si j'y étais toujours. Papa s'occupait bien de sa vieille maison. On aurait presque dit qu'il y avait une femme dans la maison. En voyant tout cela comme ça, je me sentis nostalgique. Tout ça me rappelait tous mes bons moments avec mon père. Je me sentais tellement mal que je me demandais comment il faisait pour vivre là tout seul. Mon père avait besoin de moi et je suis sûr qu'il se sentait seul de temps en temps. Mais je savais qu'il n'accepterait jamais de quitter sa chère ville. Je lui avais demandé plusieurs fois de me rejoindre mais toujours, sa réponse était négative. J'avais donc cessé d'insister. J'étais très anxieux sur le moment. J'étais là chez mon père et je l'avais convaincu de venir avec moi. Je dois dire que je n'espérais pas qu'il accepte aussi facilement mais il l'avait fait. C'était bien-sûr une victoire mais c'était la plus petite des victoires de la bataille que j'entreprenais. Le plus dur restait à venir. Il fallait emmené papa au centre le lendemain qui était dimanche. Il fallait que j'introduise l'histoire de ma mère et je ne savais même pas comment est ce que j'allais m'y prendre. Mais comme toujours, je me disais que j'aurais sûrement une idée sur le moment. Et pendant que j'étais dans mon ancienne chambre et perdu dans mes pensées, papa vint me retrouver.
- Ça fait une éternité que tu n'avais pas vu cette chambre, me dit il.
- Effectivement et ça a fait resurgir d'anciens souvenirs. Merci papa.
- Merci? Qu'ai je fait cette fois ci?
- Merci d'avoir pris soin de ma chambre ainsi. Ça m'a fait du bien de la retrouver comme je l'avais laissée.
- Tu sais bien que je déteste la poussière et la saleté aussi. Donc je nettoie de temps en temps.
- Tu fais du bon boulot alors vieil homme. Es tu déjà près ?
- Oui, j'ai pris très peu d'affaires car je dois être de retour mercredi au plus tard. J'ai un truc de prévu.
- Tu me caches des choses? Est ce que tu vois une femme dans mon dos?
- Mais nooon! Où vas tu chercher ce genre d'idée... En plus, je n'ai aucun compte à te rendre gamin.
- Voilà que tu te mets sur la défensive !
- On s'en va alors où tu comptes m'interroger comme si tu étais mon père ?
- Après toi papa.
Je pris son sac et j'allai le mettre dans le coffre de ma voiture. Il ferma sa maison et nous prîmes la route. C'était pénible de voyager avec mon père car il trouvait que je roulais trop vite. Pour le satisfaire, j'étais obligé de ralentir et au lieu de faire deux heures de route comme à l'aller, on fit trois heures et poussière de route. On était tous les deux épuisés à l'arrivée mais au moins, on était arrivé dans de bonnes conditions. J'avais carrément oublié qu'il n'y avait strictement rien à manger chez moi et on avait tous les deux très faim. Quand je me rendis à la cuisine et que j'ouvris le réfrigérateur, je constatai qu'il y avait à manger. Cela ne voulais dire qu'une chose, Rose était passée et avait cuisiné puis elle avait gardé au frais. Elle se disait que je rentrerais sûrement le lendemain et très affamé. Elle me sauvait la vie. On pris chacun sa douche et on mangea ensemble à table. Le programme du lendemain était tout fait. On irait au centre le lendemain matin afin que papa visite mon lieu de service. Du moins, c'est ce qu'il pensait. La nuit fût très courte et j'étais très fatigué au réveil. J'étais très stressé car nous étions enfin le jour fatidique. On se préparait chacun dans sa chambre. Je ne pouvais pas parlé à Rose mais je lui fis un e-mail où je lui expliquais tout ce que j'avais fait et ce que je comptais faire aussi. On prit notre petit déjeuner et direction le centre.