CHAPITRE 32Des pneus crissèrent sur le gravier dans la cour, et je meprécipitai à la fenêtre pour apercevoir la voiture de Dorothée faire volte-faceen dérapant dans une manœuvre intempestive. Elle bondit hors de sa Clio avec un sourire hilare, en mêmetemps qu’une grande gigue s’extirpait difficilement de l’habitacle à cause d’unetaille démesurée. – Bonjour, la cantonade, cria-t-elle. Y a-t-il quelqu’un danscette ferme ? Si vous y êtes, montrez-vous. Le type en question était son fameux « nez ». Je n’en revenaispas qu’elle eût osé m’amener cet énergumène. Avec Doro, j’avais souvent du mal àinterpréter ses frasques. Voulait-elle me narguer ou faire de moi sonconfident ? Je penchais plutôt pour la seconde hypothèse, en imaginant qu’elleme demanderait mon avis sur son grand « nez ». Le prob


