ClorindeIl y a déjà beaucoup plus de vingt ans que mon ami Alexandre Privat d’Anglemont est mort, et cependant, très souvent, je songe à ce cher compagnon de ma jeunesse. Pourquoi cela ? C’est que Privat, contrairement à bien d’autres, ne s’est jamais écarté des sentiers un peu ardus de la Bohême pour aller croquer sur les grandes routes les os de dindon de l’esclavage. Dans son portrait, tracé par lui-même, il dit : « Le loup maigre n’a rien, n’est rien ; il ne veut rien être. Il agit à sa guise, joyeux, pauvre et fier de son indépendance et de sa liberté. Il n’a jamais été ni assez fou, ni assez ambitieux pour renoncer à ces bonnes choses-là. Il fuit l’attache, il a l’horreur de la contrainte, il vit à sa fantaisie, il est opposant né, il a le bonheur de n’avoir même pas une démission à


