Le grimacierC’est à la foire de Beaucaire que j’eus le plaisir de faire connaissance d’Ercolo Battania. Il habitait une cabane en planches, assez semblable à celles que nous voyons sur nos boulevards aux approches du jour de l’an. Sur le premier plan s’étalaient des caisses de figues, de dates et de raisins secs ; sur les côtés, des saucissons de formes étranges et des confitures dans des pots d’argile rouge ; puis, çà et là, de longs tuyaux de pipes en merisier, ornés de bouts d’ambre jaune et de brindilles dorées ; des ceintures de Circassie avec leurs agrafes en argent ciselé, et enfin quelques tapis d’Orient aux brillantes couleurs. Au fond de ce petit magasin, un jeune homme déguisé en vieux Turc, était nonchalamment assis, les jambes croisées sur un baril. Impassible, il fumait sans


