XII Anne, dans la grande cuisine qui ouvrait sur la cour, s’occupait à la confection d’un pâté. Près d’elle, sa nièce achevait de préparer un copieux entremets enseigné par Donatienne, qu’elle réussissait à merveille. Les Guerchaux venaient déjeuner le lendemain, accompagnés par Melchior, et ils étaient d’assez gros mangeurs, surtout quand leur estomac se trouvait excité par l’air de la montagne. – Voilà, c’est fini ! dit Isabelle. Cela fera l’affaire de la belle Eugénie, qui est passablement gourmande. Puis-je vous aider maintenant, tante Anne ? – Non, ma chérie, c’est inutile. Va plutôt voir si Aubert est remis de sa migraine d’hier. Quelques instant après, Isabelle quittait le logis en passant par la cour et le verger. Le piano se faisait entendre, envoyant jusqu’à elle les sons lar


