Chapitre 4-3-3

1418 Mots
Il fit un signe de tête. ― Mais si, c’est vrai, vérifiez-le si vous ne me croyez pas. Il y a un certain nombre de créatures qui ne perdent ni leur capacité de reproduction ni leurs fonctions vitales en vieillissant, certaines espèces de moules, de palourdes, de homards, d’anémones de mer, de tortues géantes, d’hydres… En fait d’un point de vue biologique, les hydres sont pratiquement immortelles, elles meurent quand elles sont blessées ou malades, mais elles ne meurent pas de vieillesse. Tout en essayant d’assimiler cette information difficile à croire, Mia se frotta de nouveau le nez. Nous y voilà, réalisa-t-elle, plus une goutte d’alcool ce soir. Sans qu’elle sache pourquoi, après quelques verres son nez se mettait systématiquement à la démanger et Mia avait appris à en tenir compte. C’était le moment de s’arrêter. Les rares fois où elle avait ignoré cet avertissement, elle en avait fait les frais. La voyant vaciller sur sa chaise Korum demanda l’addition au garçon. Mia se demanda vaguement si elle devrait lui proposer de payer sa part comme elle le faisait toujours quand elle sortait avec des étudiants. Pas question, décida-t-elle. Il l’avait pratiquement forcée à sortir avec lui ce soir, autant profiter d’un repas gratuit. D’ailleurs, elle ne savait pas si elle en aurait eu les moyens puisqu’il n’y avait pas de prix sur la carte. Elle se contenta à la place de regarder Korum balayer de sa montre-téléphone, qui faisait également office de portefeuille, le minuscule récepteur digital du garçon et ajouter ce qui devait être un généreux pourboire à en juger par l’expression reconnaissante sur son visage. ― Prête à partir ? Il l’aida à mettre son manteau et de nouveau lui offrit le bras. Cette fois-ci, Mia accepta. Elle se sentait vaciller et n’avait pas grande confiance en sa capacité à sortir du restaurant sans trébucher. ― Avez-vous trop bu ? lui demanda-t-il avec amusement en observant sa démarche incertaine quand ils sortirent dans la rue. Vous n’avez pourtant pris que deux verres. Mia releva le menton et préféra lui mentir. ― ça va très bien. Elle détestait qu’on lui rappelle à quel point elle ne tenait pas l’alcool. ― Si vous le dites… Il semblait sur le point d’éclater de rire. Mia aurait aimé le gifler. Bien sûr, Roger et la limousine attendaient devant la porte. Mia hésita, ses battements de cœur s’accélérèrent en réalisant qu’elle allait être seule avec un extra-terrestre, un prédateur qui voulait boire son sang. Elle se tourna vers lui. ― Vous savez, j’ai vraiment besoin de prendre l’air. Je peux rentrer à pied, mon appartement n’est qu’à une douzaine de rues d’ici. Il fait beau et la fraîcheur de l’air me fera du bien. Elle mentait en disant ces derniers mots, en fait il faisait plutôt froid et Mia frissonnait déjà dans son manteau trop léger. Le visage de Korum s’assombrit. ― Mia. Montez dans la voiture. Je vous ramène chez vous. C’était de nouveau cette voix qui la terrifiait et elle eut le même effet sur elle que la première fois. En tremblant légèrement, cette fois de peur et de froid, elle monta dans la voiture. Bizarrement, il ne se passa rien pendant le trajet pour retourner à son appartement, qui ne prit que quelques minutes la circulation étant fluide. De nouveau, il lui tenait la main et lui caressait la paume pour la calmer. Malgré sa nervosité initiale Mia ferma les yeux et s’adossa contre le siège confortable de la voiture, elle était sur le point de s’assoupir quand ils arrivèrent à destination. Il l’accompagna au cinquième étage où était son appartement en lui tenant le bras comme pour l’aider à ne pas trébucher sous l’effet de l’alcool. Elle était fatiguée, elle avait sommeil et n’avait envie que d’une chose, se coucher et dormir. En montant, elle réussit à trébucher et à tomber malgré tout, elle avait raté une marche à cause de ses talons hauts. Korum soupira et la prit dans ses bras. Il la porta en montant les deux étages qui restaient malgré les protestations qu’elle marmonnait. En arrivant devant son appartement, il reposa Mia délicatement sur le sol, la serrant brièvement contre son corps dur avant de la libérer. Il laissa ses mains sur sa taille, la gardant ainsi tout près de lui. Elle le regarda, fascinée. Son souffle s’accéléra quand elle comprit pourquoi la braguette de Korum était prête à éclater. Elle sentit une douce chaleur ruisseler entre ses jambes. Lui aussi respirait un peu plus vite, et elle savait que ce n’était pas parce qu’il venait de porter une jeune fille de 50 kg sur deux étages. Il se pencha vers elle, les yeux presque jaunes maintenant et Mia fut pétrifiée quand il prit son visage dans ses mains et pressa ses lèvres contre les siennes. Il l’embrassa longuement. Sa langue explorait la bouche de Mia avec une douceur exquise alors qu’il la maintenait contre lui dans une étreinte puissante. Mia se mit à gémir, une vague de chaleur envahit son corps y laissant une impression de léthargie étrangement agréable. Au fond d’elle-même, elle entendait bien retentir un signal d’alarme, mais elle ne pouvait se concentrer que sur les lèvres de Korum et les sensations qui se répandaient dans son corps. Il la serra encore plus fort, pressant davantage son aine contre son ventre. Mia sentit son sexe se contracter en réponse à son érection. Il suça doucement sa lèvre inférieure, l’aspirant dans sa bouche, pendant que sa main glissait le long de son dos pour prendre ses fesses. Il la souleva légèrement du sol afin de frotter son érection contre son c******s à travers leurs vêtements. L’excitation qui montait en elle ne ressemblait en rien à ce qu’elle avait connu jusque-là, c’était tellement plus fort, et Mia gémit de frustration, elle en voulait plus. Sans qu’elle sache trop comment, ses mains étaient parvenues jusqu’aux épaules de Korum et pétrissaient ses muscles durs à travers sa chemise, mais ce n’était toujours pas assez. Elle le désirait, elle le voulait, elle avait besoin de sentir sa peau nue contre la sienne, de sentir sa queue dure la pénétrer afin de satisfaire les pulsions qui l’emplissaient au plus profond de son corps. Elle enveloppa sa taille de ses jambes, se frotta contre lui et les sensations s’intensifièrent fiévreusement. Elle resta pendant quelques délicieuses secondes au bord du gouffre puis bascula, jouissant en étouffant son cri contre les lèvres de Korum. Il gémit lui aussi, passa sa main libre sous sa jupe, déchira d’un geste ses collants alors que ses lèvres quittaient sa bouche pour poser des baisers brûlants sur son cou et sa clavicule. ― Mia, c’est toi ? Une voix familière lui parvint à travers un brouillard. Mia fut mortifiée de constater que Jessie avait ouvert la porte de l’appartement et les regardait fixement, choquée. ― Tout va bien ? Tu veux que j’appelle la police ? Visiblement, sa colocataire avait du mal à comprendre ce qui se passait. Encore enlacée autour de Korum, Mia se mit à trembler alors qu’il tentait de reprendre le contrôle de la situation. Tout à coup, prenant peur pour Jessie, Mia lui cria : ― Oui, je vais bien ! Rentre et laisse-nous seuls ! Jessie sembla peinée et disparut dans l’appartement en claquant la porte. Mia repoussa Korum et tenta de s’éloigner de lui. ― Je vous en prie, laissez-moi partir, lui dit-elle à voix basse, souhaitant par-dessus tout se rouler en boule dans sa chambre et pleurer. Il hésita une seconde puis la reposa par terre tout en la gardant contre lui. Son teint bronzé semblait comme éclairé de l’intérieur et ses yeux avaient gardé une intense lueur jaune. L’érection qu’elle sentait contre son ventre n’avait en rien diminué et Mia frissonna en réalisant que le sang-froid de Korum ne tenait qu’à un cheveu. ― Je vous en prie… dit-elle à nouveau, tout en sachant qu’elle était impuissante et qu’il ne la lâcherait que lorsqu’il le voudrait. ― Vous voulez que je vous laisse partir, après ce qui vient de se passer ? Sa voix était dure, gutturale, et il resserra tellement son étreinte qu’elle eut du mal à respirer. Mia acquiesça d’un signe de tête en tremblant, le désir incandescent qu’elle avait ressenti quelques instants plus tôt avait fait place à un mélange confus de peur et de honte. Il la regarda, son visage était sombre et ne révélait rien de ses sentiments, puis il détacha très froidement son bras de la taille de Mia et recula. ― D’accord, dit-il d’une voix basse. Prenez-le comme ça. Allez dans votre petite chambre pour tout raconter à votre colocataire. Partez pleurer et vous apitoyer sur votre sort, et penser, quelle s****e vous êtes pour qu’un simple b****r suffise à vous faire jouir dans un couloir. Quand il vit l’expression de son visage, ses yeux se mirent à briller. ― Et ensuite, habituez-vous à l’idée de jouir plus souvent. Particulièrement après tout ce que je vais vous faire – et quand je dis tout, je pense vraiment tout. Sur cette promesse, il lui tourna le dos et se dirigea vers l’escalier. Avant de commencer à descendre, il se retourna une dernière fois. ― Je passe vous prendre demain après les cours. Fini de jouer, Mia.
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