Retrouvailles dans un autre monde

1507 Mots
    Voilà à quoi ce bruit me fait penser, tellement toutes ce sol rocailleux me martèle le corps violemment avec fracas. Ce bruit assourdissant d’os me répugne et je souffre tellement un martyr supplicié à en mourir, qu'aucun son ne veuille sortir de ma bouche.      Aucun cri n'y parvient non plus... C'est comme si un troupeau de buffles me passe sur le corps tous en même temps, avec une vitesse et une force démesurée. Cette fois, je ne m'en sortirais clairement pas, je le sais au fond-de-moi et cette idée ma parait bien plus douce en comparaison de ce que j’ai subis auparavant…      Tout à coup, tout devient flou et je ne sens la douleur me parcourir dans tout le corps, jusqu'à ce que celle-ci devienne trop insurmontable. Je perds aussitôt profondément connaissance...       Tout ce dont je me souviens à ce moment-là, c'est de ma chute et que je me vois dégringoler à au moins quatre-vingt-dix kilomètres par heure. Ensuite, c'est le trou noir, je ne me souviens de rien du tout, juste que je croyais que j'étais morte.      Car j'avais déjà fait mes adieux dans mon esprit. Je ne suis plus du tout consciente, malgré tout je sens tout de même mon corps flotter paisiblement comme si ma vie est un long fleuve tranquille, ce qui n'est pas vrai bien-sûr...     Quelques temps plus tard, je me réveille dans un lit doux et moelleux dans une chambre qui n'a aucune fenêtre. J'ai le corps tout endolori et je ne sais pas ce qui se passe exactement, ni où je me trouve... J'ai tellement mal partout que je suis pratiquement incapable de bouger...      Et là, l'homme que j'ai vu trois mois plus tôt se tient assis à côté de moi, me demandant si je vais bien. Je lui réponds que oui mais que j'ai du mal à bouger. C'est normal, il m'annonce que j'ai déboulé cinq cents mètres de précipice plongeant à pic, et que j'ai atterri tout droit dans la seine.      Mon corps a dérivé sur plusieurs centaines de kilomètres pendant plusieurs jours avant d'arriver à l'ancienne station de métro engloutie. C'est un miracle que je sois encore en vie, malgré les éclats de métaux et de verres dans ma peau dus à l'explosion.      Mais également dû à cette chute qui aurait dû m'être fatale. Au lieu de mourir, je n'ai que les deux jambes cassées, mes poumons perforés et quatre côtes cassées.      Il m’explique que malgré tout cela, je suis une battante et que je veux vivre, c'est grâce à mon mental que j'ai pu survivre aussi longtemps dans cet état-là.      Car sinon il n'aurait pas pu être ici à me regarder ni même à me parler en ce moment même, si jamais ça n'avait pas été le cas.     Il dit que je dois soit avoir beaucoup de chance soit être la favorite des Dieux, que c’est un miracle ! Mais il a totalement tort, je veux juste mourir, que ce calvaire se termine avec ma mort. En finir une bonne fois pour toute, je n’en peux plus de toute cette souffrance et il faut que cela cesse...     Mais malgré moi, une petite voix dans mon esprit me dit le contraire, qu’il ne faut pas mourir là comme ça ! Après tout, je ne peux pas abandonner aussi facilement, ma rage de vivre et de vaincre est plus forte que tout le reste pour pouvoir m'enfuir. Puisque la seule chose à laquelle je pense et qui m’anime alors d’une rage de vivre inextinguible, c'est de pouvoir retrouver mes filles, un jour.      Et ainsi être à leurs côtés saine et sauve. Je veux les revoir encore une fois et leurs dire au combien je les aime alors… Et ainsi pouvoir les voir sourire, leurs parler et les serrer dans mes bras de nouveau. Tout près de mon cœur...      Cette seule pensée suffit à mon bonheur, et me redonne le courage manquant nécessaire pour affronter toutes ces épreuves et survivre pour elles. Il ne peut pas en être autrement, je dois survivre ! Lui, il ne peut clairement pas comprendre ce que je ressens, ni pour quelle raison je le fais...     Mais il est grand temps d'en finir, l'humanité ne peut pas rester vivre comme cela avec ces monstres, c'est impossible pour moi de l'accepter ! Et que mes filles soient sous leur joug démoniaque, c'est encore pire que tout le reste, j'espère qu'elles sont en sécurité là où elles sont, dieu seul sait de quoi ces abominations sont capables... Je prie donc de toute mon âme pour qu'aucun mal ne leur soit fait...     Une fois sortie de mes pensées, je lui demande comment il m'a retrouvée. Il m'annonce alors qu'il a mis un traceur gps sur la bombe qu'il m'a cédé le jour où il m'a interpellé sous le pont. Et que c'est une de ses amies qui a découvert mon corps à la surface de la station, inerte, mais mon cœur émettait encore de faibles pulsations à ce moment-là.      De base, elle est juste venue chercher de l'eau saine pour les réserves des rebelles. Mais elle m'a trouvée inconsciente à ses pieds à la place. C'est une chance qu'elle soit tombée sur moi au bon moment. Je lui fais alors signaler qu'il m'a clairement menti et que j'aurais pu mourir sous les feux de l'explosion !      Il me fait remarquer qu'il est vraiment désolé, mais que c'était la seule façon pour lui et les « Souterriens » de rester en sécurité. D’un coup, je lève le bras difficilement pour lui en coller une ! Je suis tellement en colère que je veux le frapper, le frapper jusqu'à lui faire regretter cette fameuse rencontre ce jour-là !      Mais sans lui, je n'aurais pas pu m'évader, et je serais encore sous la coupe de ces montres à l'heure actuelle, il faut bien l’avouer... Ce gars-là m’a très certainement sauvé la vie, sans lui je ne serais pas là à l’heure qu’il est… Je le regarde tout de même noir, mais mon bras me fait plus mal qu'autre chose donc je me ravise immédiatement...     Il m'intime aussitôt de me calmer et que ce n'est pas bon pour mon état actuel de m'énerver ainsi et reprend donc notre discussion. C'est pour que le gouvernement ne sache pas où est-ce qu'ils sont enfouis. Ils n'auraient pas pu me secourir même s’ils l'avaient voulu, la vie d'une seule personne ne peut pas compter plus que celle de centaines d'autres.      Ils auraient pris trop de risques et puis, il savait le jour où on s'est rencontrés que je n'étais pas comme les autres femmes. Que je suis une battante et qu’il était certain que je me serve de la bombe, il l'avait tout de suite senti. Il le savait au tréfond de lui sans pouvoir l’expliquer…      Alors que moi-même je ne m'en croyais pas capable à ce moment-là, je me dis qu'il possède une bonne intuition au fond de lui à cet instant. Il me confirme que la bombe n'est heureusement mortelle que pour les « Surfaciens » comme il aime à les appeler. C’est comme ça qu’il nomme les implantés là-haut à la surface. La bombe IEM ne peut tuer aucun de nous, les hors-la-loi.      Elle peut juste nous blesser grièvement ou superficiellement, car il a travaillé dessus de longues années avant de pouvoir l'utiliser pour que cela ne se produise pas.      Elle a un système de reconnaissance de l'épiderme sain et contaminé, elle n'explose qu'en cas de contact d'épiderme altéré, c'est à dire les « Surfaciens ». Quand j'y pense, je me souviens qu'elle n'a explosée qu'à l'instant même où elle touchait les pieds de ces infâmes bâtards...      Il m'explique alors qu'elle fonctionne même à travers les vêtements, et qu'un simple effleurement suffit à la déclencher.      Je me mets tout de même soudainement, de nouveau en colère sévèrement contre lui ! J'aurais bien voulu en être informée avant tout de même ! J'ai cru que j'allais crever moi ! Je hausse le ton mais me ravise aussitôt encore car j'ai trop mal...      Il s'excuse de nouveau et me promet que cela ne se reproduirait plus. Il me fait alors apporter un plateau repas bien chaud par une amie à lui, pour me remettre de toutes mes émotions.      Car disons-le franchement, je l'ai bien méritée après toutes ces dures épreuves que j'ai endurée seule, depuis une semaine arrivée ici...      Je meure littéralement de faim. Ils sortent donc et me laissent un peu d'intimité, ni une ni deux, je dévore le plateau d'une traite, c'est comme si je n'avais pas mangé depuis un mois ! Le sommeil me gagne alors presque aussi instantanément que la fin de mon assiette.      Je pose mon plateau à côté de moi et m'endors profondément du sommeil du juste. Je suis encore épuisée et j'ai également encore très mal.
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