La cérémonie d'accouplement n'était plus que dans sept jours, et déjà la maison de la meute débordait d'activité. Les chefs des meutes voisines ont commencé à arriver, apportant avec eux un air d'importance et de festivité.
L'Alpha et la Luna étaient constamment dans le hall d'entrée, accueillant chaque invité avec une grâce pratiquée, tandis que Michael et Kathy—brillant comme l'image d'un avenir prometteur—se tenaient fièrement à leurs côtés.
Depuis sa place en arrière-plan, Elaine a observé tout cela se dérouler comme une pièce cruelle. Elle pouvait voir les sourires étirés sur les visages du couple Alpha, pouvait entendre la fierté dans leurs voix alors qu'ils acceptaient les félicitations de meute après meute.
Chaque fois qu'un chef s'est incliné avec respect et a loué leur "futur Alpha et Luna", Elaine a capté la lueur subtile dans les yeux de Michael alors qu'il présentait Kathy.
"Ma compagne, Kathy."
Toujours ces mots. Jamais compagne choisie. Il n'a jamais admis ce qu'elle était vraiment. Peut-être qu'il pensait que dissimuler la vérité protégerait l'image de la meute, ou peut-être que la fierté dans sa voix était trop épaisse pour permettre la honte. Quoi qu'il en soit, Elaine l'a entendu à chaque fois, et à chaque fois, sa poitrine s'est serrée jusqu'à ce qu'elle pense que ses côtes pourraient se briser.
"Tu n'es pas obligée d'être ici, Elaine. Je peux rester s'ils ont besoin d'aide."
La voix de sa mère—non, pas mère, a-t-elle corrigé amèrement—Lucille a interrompu ses pensées. Elaine s'est retournée pour la trouver debout à proximité, l'inquiétude gravant ses traits.
"C'est le travail qui m'est demandé, Mme Lucille," a répondu Elaine, son ton poli mais sec, ses mots délibérément formels.
Les lèvres de Lucille ont tremblé. "Je sais à quel point cela doit être douloureux pour toi. Et je suis désolée de ne rien pouvoir faire pour apaiser cette douleur." Ses yeux ont brillé de larmes retenues. "Je suis désolée qu'en tant que ta mère, je ne puisse pas te soutenir ou te réconforter."
Elaine a légèrement tourné la tête, rencontrant son regard avec une expression si calme qu'elle était presque glaciale.
"Sans vouloir te manquer de respect, Mme Lucille, mais tu ne sais pas à quel point c'est douloureux pour moi. Comment le pourrais-tu ?" Sa voix était stable, chaque syllabe délibérée. "Tu as ton compagnon avec toi. Personne ne l'a arraché de ton âme pendant que la famille même qui aurait dû te protéger restait là et détournait le regard."
Lucille a haleté, mais Elaine ne s'est pas arrêtée. Ses yeux étaient clairs, vides d'amertume, vides de chaleur, comme si elle s'adressait à une étrangère. "Tu as raison, Mme Lucille. En tant que ma mère, tu ne m'as rien donné. Ni soutien. Ni réconfort. Au moment où tu as choisi le devoir plutôt que ta propre fille, tu as cessé d'être ma mère."
Les mots ont frappé comme des coups de fouet sur le cœur de Lucille, et elle a tressailli comme si chacun laissait une marque. La honte a brûlé ses joues, mais elle ne pouvait pas argumenter.
Pas quand chaque mot qu'Elaine a prononcé était la vérité. Elle avait choisi Kathy. Choisi l'enfant portant l'héritier, choisi l'avenir de la meute plutôt que l'âme brisée de son autre fille. Et bien que son cœur souffre pour Elaine, elle ne savait pas comment réparer ce qu'elle avait détruit.
Enfin, sa voix a tremblé, calme et presque suppliante. "Tu as raison, je ne connais pas la douleur que tu endures. Mais tu peux toujours me parler, Elaine. Nos discussions nocturnes me manquent. Ma fille me manque. Je sais que tu ne veux pas rester avec nous dans la maison de la meute, mais... nous pouvons nous rencontrer ailleurs, si cela serait plus facile. Ou je peux venir te voir."
Ses yeux ont scruté ceux d'Elaine, désespérés pour le moindre signe d'espoir.
L'expression d'Elaine n'a pas vacillé. "Encore une fois, sans vouloir te manquer de respect, Mme Lucille, mais ta fille a besoin de toi. Kathy va être accouplée dans une semaine. Elle aura besoin du soutien de sa mère. Concentre ta force sur elle."
Elle a avalé difficilement, réprimant les mots qui planaient au bord de sa langue—et laisse-moi en dehors de ça.
Les lèvres de Lucille se sont séparées, mais aucun son n'est sorti. Elle avait l'air de vouloir protester, d'insister qu'elle pouvait être là pour ses deux filles, mais la honte dans ses yeux a trahi la vérité. Elle avait déjà choisi, et toutes les deux le savaient.
Alors Elaine a fait ce qu'elle faisait toujours. Elle est restée. Elle a travaillé. Elle a souri quand c'était nécessaire, a parlé quand on lui parlait, a répondu aux questions avec une courtoisie impeccable. Pour les Alphas et Lunas en visite, elle paraissait en tout point la fille efficace du Bêta : posée, capable et professionnelle.
Mais ceux qui la connaissaient vraiment—ceux qui avaient vu sa lumière s'éteindre au cours des trois dernières semaines—ont vu autre chose. Pas une fille. Pas une sœur. Pas même une femme en deuil.
Juste une poupée. Creuse. Peinte avec un sourire qui n'atteignait jamais ses yeux.