XLIIDans le temps, il se nommait le cimetière des Indigents, par rapprochement sans doute avec celui des Innocents, on y enterrait, dans un coin éloigné, les déshérités qui n’avaient personne au monde pour les accompagner dans ce qu’on appelle pudiquement la dernière demeure. « On finira tous un jour par être oubliés sous nos tombes et dans nos cercueils, c’est là le lot, » pensa Jacques Plank dans un phylactère de nostalgie, lui qui n’éprouvait pas de tristesse particulière mal placée à pénétrer le champ des morts, c’était juste la marque d’une fin de vie à laquelle nous sommes tous destinés. Par contre, une bouffée de fierté, due sans doute à cette reconnaissance post-mortem qu’on pouvait subodorer, l’enveloppa, devant cette exhumation spirituelle qu’il était en train d’accomplir. Si Déd


