III– Voici le courrier, signora. D’un geste indolent, Marcia prit lettres et journaux sur le plateau que lui présentait sa femme de chambre. Puis, sans même les regarder, elle les jeta sur la table, près d’elle. Que lui importait tout... tout ! Contre les coussins de la chaise longue, elle appuyait son visage blêmi, dont la beauté semblait fanée, ce matin, comme une fleur trop épanouie après l’orage. Et n’était-ce pas un terrible orage, celui qui l’avait assaillie, depuis la veille, la laissant brisée de corps et d’âme ? Depuis des heures, son cerveau avait été martelé de la même pensée qui faisait courir en elle un frisson de honte et de désespoir : « Il » savait que je les avais épiés, tandis qu’ils étaient dans le pavillon... Comment l’a-t-il su ?... Jamais il ne me pardonnera cela !


