Histoire de chez moi… Episode 5

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Histoire de chez moi… Episode 5Le choc des rencontres entre Blancs et Noirs n’eut pas lieu qu’en un seul endroit ! C’est en plusieurs points d’Afrique, en effet, que les explorateurs y parvinrent, suivis par les colonisateurs ! Et chaque fois, il fut extraordinaire ! Et pour les uns et pour les autres ! Nous allons essayer d’en retracer certains à présent : Cocoricoooooo !!!... Cocoricooooooo !!!... Le chant du coq ! Le célèbre chant du coq ! En Afrique, il constituait à lui seul toute une montre ! Oui ! Il signifiait que l’aube avait effectivement succédé à la nuit ! C’était plus que jamais l’heure de se lever ! D’aller aux champs ! De se tirer de sa couche ! Une natte de fibre végétale, si on en avait ! Il fallait penser à quitter la chaleur de sa femme ou de son homme ! Il fallait plus que jamais penser aux enfants ! Des rejetons que ces drôles d’africains avaient hélas en quantité industrielle chacun ! C’est à croire que pour eux c’était une compétition à qui en aurait le plus ! Il fallait s’étirer rapidement ! Raviver son petit feu de bois dont la fumée s’emmagasinant dans la case (quand elle en était vraiment une !) la noircissait et empêchait visiblement son occupant de respirer à son aise ! Il fallait prendre rapidement sa gibecière et s’en aller vers la forêt ! La mythique forêt d’Afrique, pleine de génies de tous genres ! Des bienveillants et des malveillants ! Esprits des ancêtres qui avaient quittés ce monde des vivants depuis des lustres ! Esprits protecteurs et nourriciers ! Oui ! Il n’y a pas à se marrer ! Ce sont bien ces esprits des aïeux qui veillaient sur la communauté et pourvoyaient en toute chose à la place du Dieu des Blancs ! C’était leur collège qui constituait le Dieu des Noirs ! Ce sont ces ancêtres partis, ces dieux donc qui fécondaient la terre ! Qui bénissaient les fleuves et les rivières ! Ce sont eux qui produisaient pour leurs descendants, les vivants, ou mieux les encore-en-vie, le nécessaire obligatoire ! L’essentiel de la vie ! Le pain quotidien ! Et l’on trouvait du gibier en quantité plus qu’industrielle dans nos brousses et nos forêts ! Il y en avait même partout ! La forêt était comme pleine ! Au point où il n’était pas rare que l’on croisât certaines de ces bêtes déambulant jusqu’à l’entrée des villages, quand ils ne s’y risquaient pas tout simplement, attirés par les piaillements des poulets, des canards et par l’odeur des mets qui fusait des cases des hommes !... Ah la belle époque ! Le bon vieux temps africain ! On ne mourrait pas de faim en Afrique à cette époque ! Ce ne pouvait être d’autant plus que, comme tout le monde le sait, « en Afrique, quand il y en a pour un, il y en a pour deux » !... Ainsi donc, comme tout le monde, se leva ce matin-là un robuste jeune homme dans la fleur de l’âge ! Un beau diable noir vif et joyeux ! On pouvait aisément voir qu’il était heureux ! Vraiment heureux ! A quatre vingt dix pour cent nu mais heureux comme peut bien le signifier ce qualificatif ! Il ne portait en tout et pour tout qu’un petit bout de cache s**e en fibre végétale ! Et là encore il en portait ! Car ce n’était point une obligation partout en Afrique ! Car, les explorateurs ou les colonisateurs, les Blancs, en eurent pour leurs souffrances et leurs sacrifices ! Ils en virent à certains endroits d’aussi nus que des fesses de singe ! Ils en virent qui avaient les seins au grand jour ! Les seins ? Vous avez dit seins ?... L’Afrique, c’était aussi ce paradis des seins ! Des seins de tout timbre et relief ! Des seins purement féeriques ! De petits et jolis seins nus et bien exposés avec joie et orgueil sans aucune retenue ! Des seins luisant au soleil d’Afrique quand il faisait jour ! Des seins qui enivraient la nuit venue ! Des seins qui affolaient rien que d’un simple coup d’œil ! Il aurait mieux valu pour ces pauvres explorateurs, pour ces esprits des ancêtres africains revenus vers les leurs ne pas se retrouver en face d’eux ! Nous allons nous en rendre compte d’un moment à l’autre !... Le jeune homme avait des motifs de satisfaction qui faisaient évidemment sa joie et son bonheur ! Il avait décidé de fabriquer son premier tam-tam ! Après avoir appris patiemment auprès d’un vieux connaisseur ! Il était à présent, à en croire ce dernier, dépositaire de tout son savoir faire ! Il fallait donc plus que jamais qu’il le fasse savoir ! L’épreuve faisant la preuve, il devait donc aller ce matin seul dans la forêt, sans son maître ni quelqu’un d’autre ! Il devait choisir l’arbre qu’il faut couper pour ce faire ! Et, il ne devait surtout pas se tromper sur ce choix somme toute décisif ! Une erreur d’appréciation et tout tombait à l’eau ! Il fallait donc qu’il distingue des autres l’arbre adéquat ! Il fallait qu’il soit assez robuste pour le couper ! Il fallait qu’il respecte la taille recommandée ! Il fallait qu’il s’enfonce profondément dans la forêt pour dénicher la perle rare ! C’était aussi l’occasion de démontrer qu’il en avait fini avec son initiation ! Il n’était plus un gamin depuis un certain temps ! On pouvait maintenant le considérer comme un homme au village ! Comme un homme ? Non, presque comme un homme ! Car il lui restait à faire preuve de maturité effective ! Et c’était par cette ultime épreuve qu’il allait ou non accéder au firmament de son évolution de l’enfance à l’âge adulte ! Ce n’est qu’en cas de succès qu’il pouvait être autorisé par le Conseil des anciens et des plus qu’anciens à se marier ! A prendre femme ! A avoir une épouse propre à lui ! Il n’en avait d’ailleurs même pas d’appartenant à autrui ! Il n’avait jamais connu la femme ! Et depuis, il s’était surpris à son corps défendant en train de lorgner discrètement la poitrine des filles du village ! Il la dévorait des yeux…
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