XVII Nous nous jetons littéralement dans les bras l’un de l’autre, Murielle et moi. Ce n’est pas la gamelle interminable des adolescents, mais lorsque nos lèvres se collent, je sens l’émotion qui m’électrise. Curieuse impression ressentie durant ces premières secondes : on voudrait à la fois tout dire et se taire pour savourer l’instant. Laisser l’autre parler et tout lui raconter sans rien omettre. Bras dessus bras dessous, nous sortons de la gare côté Sud. C’est la première fois que Murielle vient à Nantes, car nous n’étions pas encore ensemble lors de mon précédent séjour chez Yves et Lætitia. Avant qu’elle ne s’engouffre dans la voiture, son regard s’attarde sur l’imposante architecture en pierre et le clocher torse du bâtiment qui, Rue de Lourmel, abrite l’association ouvrière des Com


