IV Maintenant, il était sûr de se souvenir. C’était à son dernier voyage dans le Midi : il passait une soirée à Toulouse. Il revenait de Luchon et retournait à Paris pour y poser sa candidature. Des amis lui avaient écrit de se hâter. Quelques feuilles littéraires avaient bien parlé de Théodore de Banville et de Leconte de Lisle, osant insinuer qu’il était honteux que deux grands poètes comme ceux-là ne fussent pas de l’Académie. Mais ce n’était pas là des concurrents à craindre. M. Sardou avait promis sa voix à Coquelin et M. d’Audiffret-Pasquier à un certain comte de Pétenville, auteur d’une Histoire de l’Impôt foncier chez les Sarmates, étude pleine d’actualité et de fines allusions dont la Revue des Deux-Mondes avait eu la primeur. Il y avait bien aussi les candidats perpétuels, Eugèn


