II L’ex-commandant occupe une petite propriété charmante et s’y livre à un goût, longtemps réfréné pendant son active carrière, pour l’astronomie. Très crédule en matière conjugale, Laripète fut toujours scientifiquement un sceptique. N’ayant jamais compris grand-chose aux rigoureuses démonstrations des mathématiciens, il en a toujours conclu que ceux-ci cherchaient peut-être à lui en imposer. De là son extrême défiance à l’endroit des théorèmes les mieux accrédités et des formules algébriques. Il entendait voir lui-même les choses par leur fond et sonder cet abîme de petites lettres mystérieuses. Bien lui en avait pris, et il ne lui avait pas fallu plus de deux ou trois raisonnements absurdes pour se convaincre que le prétendu mouvement rotatoire de la terre était une billevesée et Galil


