Le troupeau de buffles fou passe finalement, sans se soucier de nous qui n'étions plus sur son passage. Mais personne n'ose dire un mot et personne ne sais vraiment comment réagir a cet instant. Mais dans toute cette angoisse et cette inquiétude, je me force à me redresser en entendant les enfants pleurer. Leurs sanglots raisonnent comme les miens, ceux de ce jour-là. En me redressant, je remarque le paysage chaotique en face de nous, une vingtaine de cadavres au sol, peut-être plus, notre escorte entière, nos assaillants et Abbie... Tous piétinés, ratatinés, déchiquetés, sanguinolents, même les bus sont s'en dessus dessous... Il nous faut partir d'ici... Je ne souhaite de personne de demeurer si longtemps, si jeune, si proche des cadavres, comme moi jadis. Je me lève donc d'un bond, essu


