La joie, la peur, la tristesse, la solitude, l'amour, j'ai vécu tellement de choses dans ce si petit village, et voilà enfin le moment de tourner la page. Stephen, à côté de moi, me sourit en me caressant le visage, et je vois dans ses yeux un futur aussi merveilleux qu'improbable. Mon cœur palpite à l'idée de découvrir de nouveaux endroits, de nouveaux visages, de nouvelles expériences. Mais pour l'instant, nous sommes encore dans la foret, mais même-là, je suis ébloui, car je ne suis jamais allée aussi loin du village. Nous roulons sur ce qui ressemble à un sentier qui est emprunté régulièrement, mais ça nous prend plus de la moitié de la journée pour sortir de la foret et commencer à rouler sur une route plus lisse. Puis, après quelques minutes de plus, nous passons une pancarte « BIENVENUE AU CAMP TONGASS », et la voiture ralentie. Stephen prend délicatement ma main alors que j'ai autant peur que hâte.
- Tout ira bien, ne t'inquiètes pas
Je me contente d'hocher la tête comme toute réponse et nous descendons de la voiture. Nous sommes accueillis par un homme noir, grand, lunettes noires, grand chapeau. Il se présente à moi et parle avec Stephen, mais je n'écoute pas grand-chose et suis absorbée par le décor. Des grands arbres nous protègent du soleil alors que nous avançons vers une grande demeure en bois, mais c'est tellement beau que je me demande si c'est vraiment du bois. Nous dépassons celle-ci et allons dans un coin où nous attend une autre maison en bois, plus petite, mais toujours plus grande que ma petite case. L'homme nous laisse là, et seul Stephen et moi y entrons.
C'est une chambre, grande, spacieuse, aérée, lumineuse, avec au centre, un grand lit aux draps blancs avec des pétales rouges. Je reste bouche bée face à la beauté de la pièce et n'ose même pas m'avancer. Mais Stephen vient me soulever comme une princesse et me sourit en m'amenant vers le lit.
- Tu devrais t'habituer à ce genre d'endroit parce qu'avec moi, tu verras les endroits les plus luxueux du monde. Mais en attendant...
Il me dépose sur mes pieds et me déboutonne la chemise.
- On devrait aller prendre un bain en attendant que l'on nous apporte le déjeuner
Je me laisse docilement faire, même s'il me regarde comme s'il voulait me dévorer. Il se déshabille également, avant de me prendre par la main et de me faire franchir une porte qui mène à ce qui est techniquement une salle de bain, mais ressemble plus à un paradis, une plage d'intérieur, avec une baignoire grande comme une piscine, où dort une eau à la couleur du lait et dont le doux parfum embaume toute la pièce. Il y pénètre et me fait signe de le rejoindre, j'hésite et me demande si ce n'est pas comestible, mais finis par suivre son exemple. Le liquide tiède et légèrement épais donne un sentiment de légèreté et les parfums envahissent les narines d'un sentiment de paix et de fraicheur.
À cela, s'ajoute mon amant qui enroule ses bras autour de ma taille, me colle contre son corps aussi humide et chaude que le mien. Mes yeux se ferment naturellement alors que je savoure la douceur de ce bain et sens mes muscles se détendre seuls, mais mes pensées continuent de tourner dans ma tête. Alors qu'il pose son visage contre le mien et se détend à son tour, je brise le silence avec ces questions qui persistent dans mon esprit.
- Comment tu fais ?
- Pour ?
- Le contrat de mariage, la voiture, cet endroit... Je ne maitrise pas la notion des prix, mais je ne crois pas que tout le monde puisse se permettre un tel luxe, encore moins un simple livreur
Il plonge son visage dans mon cou et respire profondément avant de répondre.
- Tu as raison, je ne suis pas un simple livreur, et je dispose d'assez pour nous mettre très à l'aise
- Et d'où sort cet argent ?
- Disons qu'il s'agit d'un héritage
Je le fais redresser sa tête pour le regarder dans les yeux, mais il garde son calme.
- Pourquoi tu m'as menti sur ton travail ? Et si c'est un héritage, tu ne devrais pas le dépenser comme ça et autant. Si par malheur tu dépenses tout, comment fera-t-on ?
Il met ses mains de part et d'autre de mon visage et souris en appuyant mes joues.
- Tu es adorable. Ne t'inquiète pas et laisse-moi prendre soin de toi
- Mais...
- Aussi, ceci est notre lune de miel
Il se rapproche alors que je prends conscience de ses mots, lune de miel. Ces simples mots ont suffi à troubler mes pensées.
- Je te promets de tout t'expliquer lorsque nous serons chez nous
Chez nous... Lui et moi... Le fait d'y penser me laisse toute rouge. J'avoue avoir signé le contrat de mariage sans penser à une lune de miel ou même à vivre avec lui, je ne voyais que le miracle de quitter mon village, sans me douter qu'il allait vraiment de traiter comme sa femme.
- Alors s'il te plait, promets-moi de ne pas poser de questions à ce sujet tout le long de la lune de miel
Il me mordille la lèvre inférieur, puis la s**e tendrement, avant de m'embrasser sensuellement, pour ne me relâcher qu'à bout de souffle. J'ai la tête qui tourne et mes pensées ne sont plus droites.
- Je veux juste me détendre, avec toi...
Il capture à nouveau mes lèvres, les embrassent, les dévorent, ne les lâchent plus, et en profite pour frotter son érection entre mes cuisses. Moi-même éprise de passion, j'ouvre mes cuisses et lui laisse la voie libre pour me pénétrer, ce qu'il fait sans plus attendre. Très vite, les bruits de nos gémissements et des collisions de nos corps passionnés, raisonnaient dans toute la pièce. Il me tient par les hanches et me pilonne si fort que ses mouvements créent des vagues dans l'eau qui se déverse à l'extérieur. En moi aussi, je sens les vagues de plaisir frapper dans chaque recoin de mon être, si bien que je dois me tenir à son dos viril du plus fort que je peux.
Mais il va si vite, si fort, si profondément, qu'un o*****e aussi brutal qu'une tempête, ne traine pas avant de me faire trembler de la tête aux pieds en gémissants encore et encore son prénom. Si brusque, que mon corps me lâche après et il doit me tenir contre lui pour pas que je ne coule dans l'eau. Il se retire ensuite et se m******e dans l'eau jusqu'à é******r en enfonçant sa langue dans ma bouche encore tremblante. Puis il sort de la baignoire en me gardant dans ses bras, prend une serviette, m'aide à me nettoyer et se nettoie, avant que nous ne retournions dans la chambre.
Là-bas, on retrouve un gracieux et copieux buffet étalé sur une table, en face de la grande fenêtre qui donne sur le jardin, ainsi que des vêtements propres soigneusement déposés sur le lit. Il va prendre la robe jaune fleurie et me l'apporte, je prends sans trop savoir quoi répondre. Puis, d'un geste rapide, il défait mon chignon et mes cheveux me tombent le long du corps sous ses yeux émerveillés.
- Tu es plus belle avec tes longs cheveux au vent, j'aimerais que tu ne les attaches plus
Les mots me manquent encore alors que j'ai l'impression que tout va si vite et que j'ai du mal à suivre. Il me donne un léger b****r sur les lèvres avant d'aller s'habiller.
- Habille-toi et mangeons, nous devons nous remettre en route
- En route ? On ne va pas rester ici ?
Il se retourne pour me fixer avec un regard déterminé.
- Tu as dit que tu souhaitais découvrir le monde, et je compte bien réaliser ton vœu