II « La vie, après tout, ce n’est peut-être que cela », se disait Razumov, en marchant de long en large sous les arbres de la petite ville, seul en face de la statue de bronze de Rousseau. « Un rêve et une crainte constante. » La nuit s’épaississait. Les pages qu’il avait écrites et arrachées à son cahier étaient les premiers fruits de sa « mission ». Cela au moins, ce n’était pas un rêve. Il y disait sa certitude de prochaines révélations importantes. « Je crois que rien ne m’empêchera plus d’être tout à fait accepté dans les milieux révolutionnaires. » Il avait, dans ces pages, résumé ses impressions et quelques-unes des conversations entendues. Il avait même écrit : « Je vous signale en passant que j’ai découvert le personnage sous lequel se dissimule le terrible N. N. C’est une brute


