Suite du journal d’Anne de PierrefrancEu la peur de ma vie, sur la jetée du jet d’eau, l’autre jour. Suis rentrée trempée. Comble de l’ironie, Chosal m’a raccompagnée, malgré mes objections. La bonne m’a apporté une bouillotte et j’ai pris une douche bouillante et un bain de pieds. Cette fois, j’ai tout raconté à mon père et, pour la seconde fois, il a pâli. – Grâce au ciel, tu es en vie. Mais tu es en danger. Ne retourne pas seule à Plainpalais ! A présent, je ne te quitte plus. * * * Ce midi, nous étions au restaurant, mon père et moi, un bon restaurant, la salle était pleine de monde et on avait de la peine à s’entendre à cause du bruit des voix et du cliquetis des fourchettes qui s’abattaient sur les assiettes. Au plat du jour, il y avait du lapin en daube, avec du maïs – de la pol


