La crypte Thilde Barboni Après avoir camouflé la voiture tant bien que mal, nous avons marché sans nous retourner. Xavier suivait le plan dessiné par ma mère. Devant nous, des blocs de minéraux monochromes dressaient des remparts de plus en plus difficiles à contourner. Sous nos pas, le sol s’effritait. Une poussière blanche s’insinuait entre les plis de nos vêtements, finissait par nous couvrir d’une pellicule cendrée. Je ne pouvais penser qu’au sac, bourré de bouteilles d’eau minérale. Il me lacérait les épaules. Xavier progressait sans se préoccuper du paysage lunaire, agressif. L’absence de bruits me perturbait. Pas un cri d’oiseau, pas un murmure, rien que deux corps en souffrance et la sueur perlant sur nos peaux martyrisées. — Ça va ? — Ça va. Tout était sec, aride, nu. On devi


