Montréal, Canada. 20h15 (Heure locale). Il pleuvait sur Montréal. Une pluie glaciale, oblique, qui transformait la neige sale des trottoirs en une boue grise et déprimante. Dans un appartement au troisième étage d'un immeuble sans ascenseur du quartier d'Hochelaga, un homme dormait, le front posé sur un clavier d'ordinateur incrusté de cendres froides. Patrick Vance n'avait plus rien du prédateur élégant qui sirotait du thé dans les jardins d'Istanbul cinq ans plus tôt. Le costume sur mesure avait été remplacé par un t-shirt taché et un jogging détendu. Les cheveux poivre et sel, autrefois coupés au millimètre, étaient longs et gras. Il avait tout perdu. Sophie l'avait licencié le jour même où l'argent avait disparu du compte séquestre. L'Ordre des avocats et des experts-comptables l


