– Obéiras-tu ? – J’obéirai, si tu ne me demandes rien de contraire à la loi de Dieu. – Oserais-tu me braver en me désobéissant ? Ne craindrais-tu pas ma colère ? – Je ne crains que Dieu, qui est mon maître et le tien. – Je puis te tuer. – Tue-moi ! si Dieu te donne pouvoir sur mon corps, il ne t’en donne pas sur mon âme, que je remets entre ses mains. » Et le maréchal ferma les yeux, fit un signe de croix et baisa l’étoile du Saint-Esprit qu’il portait toujours sur lui en qualité de grand cordon de l’ordre. Ne sentant plus le poignard sur sa poitrine, il ouvrit les yeux et vit avec surprise le chevalier qui, les bras croisés, le regardait avec un sourire bienveillant. « Tu es un vrai brave, lui dit-il, un vrai soldat de Dieu, mon maître et le tien, comme tu as si bien dit tout à l’heure. J


