Le dîner s'était achevé dans une atmosphère pesante, saturée par le goût sucré du dessert qui me semblait soudainement trop riche, et l'amertume de mes pensées qui ne me quittait plus. Le serveur s'approcha avec une discrétion presque fantomatique, tenant entre ses doigts gantés un petit plateau de cuir sombre où reposait la note. Karim, d'un geste d'une assurance impériale, sortit sa carte de crédit noire, dont le métal brilla sous les lustres de l'alcôve. Alors qu'il posait la carte sur le plateau, son autre main, restée sous la nappe, s'ancra plus profondément dans ma cuisse. Je sentis la panique monter. Mes doigts glissèrent sous la table, cherchant désespérément à repousser son poignet, à libérer ma peau de cette emprise possessive. Mais Karim, sans même cesser de regarder le serveu


