Chapitre 4: La Cage de Marbre

633 Mots
Nafi ​Un mois s'était écoulé. Un mois d'obéissance, de silence et de travail acharné. Le palais de marbre et de verre était devenu ma cage dorée. Le rythme de la villa était réglé par les maîtres. Karim se levait tôt pour son entraînement. À son retour, je devais avoir préparé son petit-déjeuner. ​— Nafi, je veux des fruits frais et des œufs brouillés. Pas trop cuits. ​Il ne disait jamais bonjour. Juste l'ordre. Mais cette courte interaction suffisait à me faire trembler. Sa voix grave était toujours aussi rauque, et sa carrure, même dans ses vêtements de sport, était écrasante. ​Madame Diop, quant à elle, ne se réveillait qu'à 10 heures pour son jus de fruit. Elle me demandait toujours ce que son mari avait commandé pour le dîner, comme pour vérifier mon travail. — Qu'est-ce que mon mari veut ce soir, Nafi ? ​Un rappel constant de son statut. Elle me donnait ensuite l'argent pour le marché. C'était ma seule liberté : sortir sur mon petit scooter, sentir le vent sur ma peau. C'était mon seul répit avant de retourner dans ce silence pesant. ​Karim : ​Un mois. Un p****n de mois que Nafi était là. Une ombre douce, chocolatée, qui se déplaçait dans ma maison. Elle exécutait mes ordres à la perfection, mais toujours les yeux baissés. Cette soumission m'enrageait. Elle me frustrait plus que n'importe quelle réprimande de mes actionnaires. Pour la forcer à lever la tête, je multipliais les exigences culinaires. Elle exécutait tout sans broncher. ​Je soufflai d'agacement dans le lit. Leyla n'était pas là. J'entendis l'eau couler dans la salle de bain et je sortis du lit en grognant. Mon érection matinale était si forte que c'en était douloureux. J'enlevai mon boxer, le laissant tomber au sol, et entrai dans la douche. ​L'eau chaude fouetta mon visage. J'enroulai immédiatement mes mains autour de la taille mince de Leyla. Je frottai ma queue dure contre ses fesses, cherchant à lui montrer mon désir brutal. J'enfouis mon visage dans son cou et mordillai sa peau humide. Elle s'écarta immédiatement les cuisses pour moi. ​— Bonjour, bébé, dis-je d'une voix marquée par le sommeil et le désir. ​Je la soulevai et la déposai sur le lit, écartant ses jambes. Elle était tellement mouillée que j'étais sur le point de plonger en elle, de régler cette urgence, quand elle mit une main sur mon torse. — Quoi, bordel ! — Le docteur a dit pas plus de trois fois par semaine ! dit-elle d'un ton plat en quittant le lit. ​Je fermai les yeux, furieux. — p****n Leyla ! Tu es ma femme, bordel, c'est ton devoir ! — Nous l'avons déjà fait avant-hier. Attends samedi. ​Je la regardai mettre sa lingerie coûteuse. Je regardai ma queue pointer vers le plafond, se dégonflant dans la frustration. Enfilant un jogging gris, je descendis à la cuisine, affamé. ​Une odeur délicieuse de pancakes m'accueillit. Nafi était de dos, penchée sur la plaque. Mon regard glissa sur la courbe de ses hanches, sur cette taille fine et ce corps qui, lui, n'était pas fait d'interdictions médicales. Je m'adossai à la porte, torse nu, espérant une réaction. Mais elle gardait les yeux baissés. ​— Sers-moi, ordonnai-je en m'asseyant. — Bonjour, Monsieur, dit-elle d'une voix douce. ​Ma bite tressaillit. Bordel. Même sa voix me faisait de l'effet. Elle versait le sirop quand son vieux téléphone se mit à sonner. Plusieurs fois. Insistant. — Réponds ! ordonnai-je, la voix plus sèche que prévu. ​Elle sursauta et trottina vers son téléphone. — Allô ? dit-elle doucement. ​Je serrai les poings. La tension me vrillait l'estomac. La jalousie était une morsure inattendue : qui pouvait bien l'appeler avec autant d'insistance ?
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