Nafisatou Le moteur de la berline d'Ahmed s'éteint dans un soupir mécanique, laissant place à un silence soudain, presque irréel. À travers la vitre teintée, Dakar semble lointaine, une ville en sourdine dont la poussière et le chaos s'arrêtent au seuil de « L’Étoile du Plateau ». Je reste immobile, les mains ancrées sur mes genoux, serrant le tissu de ma jupe droite que Nana m'a prêtée. Le tissu est froid, synthétique, étranger à ma peau. — Nafi ? Tout va bien ? La voix d'Ahmed est une caresse basse, une ancre qui m'empêche de dériver. Je tourne la tête vers lui. Il ne me presse pas. Il attend, les mains posées sur le volant, m'observant avec cette patience qui me terrifie autant qu'elle me rassure. — Je n'ai jamais mis les pieds dans un endroit pareil pour autre chose que pour servi


