11 h 20, AllemagneRolande n’avait même pas enlevé son manteau ni ses chaussures, qui pourtant lui cisaillaient les talons. A peine revenue à l’hôtel, elle avait pénétré dans le cabinet de toilette et s’était plantée devant le miroir, où depuis elle essayait d’apprivoiser son nouveau visage. Oui, cette boule noire crêpelée c’était elle désormais. Elle avait commencé par là : malgré sa fatigue, dès l’ouverture des magasins elle s’était mise en quête d’un salon et s’était fait couper et teindre les cheveux. Le résultat était discutable. Comme l’avait prévenue l’ouvrière, qui lui déconseillait une transformation aussi radicale, la chevelure fuligineuse s’accordait mal avec les prunelles claires et les taches de son aux pommettes. L’insomnie y ayant ajouté sa griffe, Rolande avait réellement s


