Les guerriers qui arrivaient s’arrêtèrent à une centaine de toises des habitations. Leurs cris, tantôt plaintifs, tantôt triomphants, et qui avaient pour but d’exprimer les gémissements des mourants et la joie des vainqueurs, avaient entièrement cessé. L’un d’eux fit quelques pas en avant, et appela les morts à voix haute, quoique ceux-ci ne pussent pas entendre ses paroles plus que les hurlements affreux qui les avaient précédées. Ce fut ainsi qu’il annonça la victoire qui venait d’être remportée ; et il serait difficile de donner une idée de l’extase sauvage et des transports de joie avec lesquels cette nouvelle fut reçue. Tout le camp devint en un instant une scène de tumulte et de confusion. Les guerriers tirèrent leurs couteaux, et les brandirent en l’air ; rangés sur deux lignes, il


