L'avocat(e) de la défense

1321 Mots
Ça faisait à peu près 15 minutes que j'étais assise dans cette salle, on aurait dit que j'étais au lycée et que j'étais en salle de retenu. Je me demandais bien quelle méthode ils allaient employer pour m'interroger, le bon et le méchant flic? Le flic noir et le flic blanc ? Non je pense que ça c'est plus une méthode pour les racistes. Je me posais toutes ces questions quand la porte s'ouvrit sur des policiers, un homme et une femme. La femme était assez grande, environ 1m75, des cheveux bruns tirés en queue de cheval, un tailleur gris parfaitement repassé. Son visage était inexpressif. L'homme quant à lui dépassait à peine la femme de quelques centimètres, les cheveux courts, une carrure assez imposante tout de même pas autant que celle de Dwayne Johnson. Lui au moins avait l'air d'être plutôt sympa. Ils s'avancèrent et s'assirent en face de moi, et l'homme prit la parole -Bonjour Madame Wright. Je suis le lieutenant Harry Beckett et voici ma collègue le lieutenant Amanda James. -Désolée, je ne peux pas vraiment vous répondre que je suis enchantée de faire votre connaissance, dis-je sans pointe d'agacement ou d'arrogance en m'adossant. Après quelques secondes de silence, probablement à cause de ma réponse inattendue, il reprit: -Nous avons quelques questions à vous poser. -Si j'étais là uniquement pour des questions je ne pense pas que des menottes seraient nécessaires, lançai-je en levant mes mains pour présenter les dits menottes. Il se leva et fit un demi tour autour de la table pour me retirer mes menottes. Par geste naturel, je massais légèrement mes poignets dès qu'il les eût retiré. -Je vous remercie. Il retourna ensuite s'asseoir et poursuivit: -Où étiez-vous le 05 février à 22h? Demanda t'il. Je lançai un regard à la femme assise à côté de lui avant de répondre : -Je suis désolée, mais j'ai assez fréquentée pour savoir que je ne suis pas obligée de répondre à vos questions sans mon avocat. Celle qui, jusqu'ici n'avait pas dit un mot, posa ses deux mains sur la table et avança son visage vers moi avant de dire : - Vous pouvez toujours jouer à ce jeu là et vous enfoncer encore plus ou alors vous pouvez faire des aveux et espérer obtenir une peine réduite, dit-elle le visage froncé. Je fis le même geste qu'elle avant de répondre : -Primo je sais que vous n'avez pas le pouvoir de réduire une peine et deuxio, serait-ce votre façon de m'intimider ? Si oui vous perdez votre temps, parce que comme je viens de le dire mon cher Lieutenant James ; dis-je en mettant bien l'accent sur son nom ; je ne dirais rien sans mon avocat. On se fixa droit dans les yeux pendant environ 30 secondes quand la porte s'ouvrit sur une jeune femme, belle, sexy, grande, la trentaine, de longs cheveux noirs, avec une jupe droite noire qui lui arrivait légèrement au dessus des genoux, une chemise blanche, des escarpins noirs hauts, très hauts même, comparés à ceux que j'avais l'habitude de porter. Elle entra gracieusement comme une déesse dans un arène et l'expression des deux lieutenants dans la salle se détériora aussitôt comme s'ils avaient vu entrer leurs pires ennemis. -Lieutenant Beckett, lieutenant James quel plaisir de vous voir, lança t'elle ironiquement avec un grand sourire. -Pourquoi ne suis-je pas étonné de vous voir, répondit le lieutenant Beckett. Elle s'avança vers moi -Bonjour Madame Wright, je suis Maître Florrick, dit-elle en me tendant la main -Bonjour Maître, enchantée de faire votre connaissance, répondis-je en tendant la main avec un grand sourire. Elle tira la chaise à mes côtés et s'assit avant de lancer aux deux personnes en face de moi -Je peux savoir pour quelle raison vous avez arrêté ma cliente ? Demanda t'elle en les regardant droit dans les yeux -Elle est accusée du meurtre de son époux et de... répliqua le lieutenant James qui fut interrompue par Maître Florrick - Avez-vous une quelconque preuve de ce que vous avancez mon cher lieutenant? Il voulut répondre mais elle enchaîna: -Je crois que non parce que si c'était le cas, vous ne seriez pas là à l'interroger mais elle serait dans une cellule. Je fus interloquée par autant d'assurance et ce côté féroce que je trouvais très sexy et qui me plaisait; mais n'allez tout de même pas vous faire d'idées. Le lieutenant Beckett enchaîna -Nous avons une caméra de surveillance qui l'a filmé entrain de sortir de l'hôtel dans lequel ils ont été assassiné, affirma t-il en sortant un cliché. Maître Florrick et moi avancions nos têtes pour observer la photo. Elle jeta juste un léger coup d'œil et répondit par la suite : -Je ne vois absolument rien, dit elle s'adossant. Ma cliente n'est pas le seule femme d'un mètre 65 avec ces formes qui pourraient sortie de cet hôtel, et je ne pense pas qu'elle ait si mauvais goût pour porter un tel manteau. Donc vous comme moi savons que vous n'avez rien; poursuiva t'elle en croisant les jambes. Au fond de moi, c'était un tourbillon de joie, surtout en regardant l'expression des deux tête de nœuds en face de nous. -Alors si vous n'avez rien de plus concrèt, je ne vois aucune raison pour garder ma cliente. Une autre policier habillé en tenu entra dans la salle. -Désolé de vous interrompre lieutenant Beckett mais un homme demande à vous voir urgemment. Les deux lieutenants se regardaient tout les deux, avant que le lieutenant Beckett ne se lève -Veuillez m'excuser, dit-il avant de sortir. Un silence glacial s'installa dans la salle et les deux femmes avec moi se foudroyaient du regard. Le lieutenant James croisa les bras sur la table et lança à mon égard -Vous ne devriez pas jouer à ce jeu, croyez moi ça va mal se terminer pour vous. Je sais que ce n'est pas facile. Alors dites moi ce qui s'est passé ? Vous apprenez que votre mari vous trompe, vous péter un câble et vous décidez de les suivre et vous les assassinés ? demanda t'elle avant de mettre une pause et de me fixer du regard. C'est tout à fait compréhensible, poursuivit-elle; mais si vous vous entêtez à jouer à ce petit jeu et que vous n'avouez pas tout, vous allez finir le restant de vos jours derrières les barreaux et vous ne reverrez plus la lumière de soleil, dit-elle avec un mélange de sympathie et de menace je crois. -Vous n'avez pas à répondre à ça Madame Wright; rétorqua Maître Florrick; et vous lieutenant James, je vous conseillerai d'arrêter d'essayer d'intimider ma cliente. Le lieutenant James continua tout de même -Vous pouvez toujours faire la maligne ou alors... Elle n'eût pas le temps de terminer sa phrase que le lieutenant Beckett entra de nouveau dans la salle -Un témoin affirme également avoir vu Madame Wright entrer par la porte de service de l'hôtel vers 21h15. Ça, je ne l'avais pas prévu à vrai dire. Même si l'expression de mon avocate n'avait pas changé je m'aperçus quand l'espace d'une seconde elle avait été surprise par cette preuve. -Alors, nous devons vous garder Madame Wright, dit-il avant d'ajouter; levez-vous ! Je me levai et Il sortit de nouveau les menottes en faisant le tour de la table - retournez-vous! Ordonna t'il -Qu'est ce que cela veut dire ? Demandai-je en regardant tour à tour le lieutenant et mon avocat. -Que nous allons vous garder, répondis le lieutenant Beckett. Il me mit les menottes et sortit de la salle avec moi, à cet instant j'avais moins l'air confiante, un sentiment de peur s'empara de moi et des larmes ruissellèrent instantanément sur mes joues roses. -Faites quelque chose Maître, dis-je. -Ne vous inquiétez pas Madame Wright, je vais vous sortir de là, me lança mon avocate qui gardait toujours son calme. À cet instant précis, je n'avais jamais autant regretté de m'être mariée avec Patrick.
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