Le bon noir la regardait en versant des larmes de tendresse : elle lui prit la main, la serra avec affection, et lui dit : « Toi aussi, cher Dominique, tu étais nécessaire au bonheur d’Emma… » Le retour de dom Antonio et des deux sauvages interrompit cette scène touchante. Chacun était pressé d’apprendre comment Emma et sa jeune compagne avaient échappé à la mort, et comment elles avaient vécu dans cette île, où l’on n’apercevait aucune trace d’habitation. La première se hâta donc de satisfaire la curiosité générale, en racontant tout ce qui lui était arrivé. On s’était assis sous l’arbre qui avait été son premier asile, et il est impossible de décrire les diverses émotions que chacun éprouva en l’écoutant. Les deux sauvages eux-mêmes, qui comprenaient assez bien le français, parurent p


