Chapitre 2 : Le beau parleur
Jonathan vient me voir à l'administration. J'avoue que je n'ai pas du tout envie de le voir.
- Qu'est-ce-que tu veux ! (dis-je froidement)
- Dit donc ! Ton accueil est aussi glacial que celle de notre fils.
- Ça t'étonne !
- Ecoute Emily ! ça fait des jours que je cherche comment je vais pouvoir te dire les choses.
- Je pense qu'on s'est tout dit Jonathan ! Les choses doivent se régler à présent entre nos avocats !
- J'ai bien réfléchi et je pense que je te dois des excuses ! J'ai fait le con.. Emily ! J'en suis désolé !
Un temps de silence s'installe.
- Des excuses ! (stupéfaite)
- Oui !
- Parce que tu t'excuses toi maintenant ?
- Je sais reconnaître mes erreurs !
- Jonathan arrête un peu ton baratin ! Je suis restée mariée avec toi durant douze ans et je ne t'ai jamais vu présenter tes excuses ni reconnaître tes erreurs d'ailleurs !
- Sauf qu'aujourd'hui, je sais ce que j'ai perdu et je pense qu'il n'est jamais trop tard pour changer ! Puis tu dis « je suis restée mariée » ! Mais je tiens à te signaler que nous ne sommes pas encore divorcé !
- C'est toi qui a souhaité divorcer je te signale !
- A cause de ce putain.. d'égo là ! Quand j'ai compris que tu allais devenir reine, ça m'a fait peur ! C'est tout !
- Mais peur de quoi ?
- Que tu prennes la grosse tête, que tu te sentes supérieur à moi ! Que ton peuple passe avant moi !
- Tu sais très bien que je ne suis pas comme ça ! Ma mère ne tolérerait jamais que je devienne ainsi !
- Puis il y a ça aussi ! Tu as toujours été tellement proche de ta famille ! Moi j'ai l'impression de ne jamais avoir réussi à trouver ma place. Je sais que ta famille ne m'a jamais apprécié !
- Il faut dire que tu n'as jamais su adopter le bon comportement avec eux aussi !
- Peut-être !
- Quel est le but de cette conversation Jonathan ?
- J'ai fait une connerie et je le regrette. J'aimerais qu'on se laisse une dernière chance.
Je regarde Jonathan et j'avoue que je ne comprends pas vraiment comment il lui vient une idée pareille alors qu'il avait l'air si déterminé.
- Tu sais Jonathan, notre couple n'était plus ce qu'il était durant les trois premières années. Je pense que cette idée de divorce était finalement une bonne chose. Nous aurions peut-être même dû prendre cette décision avant !
- Tu ne peux pas dire ça Emily ! Ça fait treize ans que nous sommes ensemble. Nous avons deux enfants. Il faut qu'on pense à eux ! Arthur me fait la gueule, mais s'il voit que tu me pardonnes, il s'adoucira !
- Je ne sais pas Jonathan !
- Pense aux enfants ! ça sera mieux pour eux de voir leurs parents ensemble !
Les enfants ont toujours été mon point sensible et il savait très bien ce qu'il faisait en me présentant cet argument. Jonathan s'approche de moi et pose sa main sur ma joue.
- Emily ! Laisse-moi te prouver que tu m'aimes encore ! Il y a encore de l'amour entre nous. Je constate que je t'ai vraiment perdu et je suis en train de crever à petit feu car je me rends compte que je n'ai pas su t'aimer alors que je suis fou de toi !
- Mais Jonathan ! S'est-on déjà aimé ? Je me rends compte aujourd'hui que si nous nous sommes mariés, c'est parce que c'était la suite logique des choses. Je suis tombée enceinte d'Arthur à peine trois mois après notre rencontre. Nous n'avons pas fait ça pour nous !
- C'est ce que tu ressens !? Vraiment Emily ? Tu me fais de la peine là ! Si je n'étais pas honnête dans mes sentiments je n'aurais pas perdu treize ans de ma vie avec toi !
Je soupire
- Oui, peut-être !
- Tu doutes et j'en suis heureux, ça prouve que tu ne campes pas sur tes positions ! (souriant)
Jonathan m'embrasse fougueusement et je ne me sens pas capable de le repousser. J'ai peur de lui faire de la peine, de lui briser le cœur. Et s'il était sincère ? Si cette séparation l'avait fait réfléchir ?
Il passe sa main sous ma robe et descend ma culotte assez rapidement je dirais.
- Je sais que tu en as envie !
- Jonathan ! Ce n'est pas raisonnable !
- Laisse-toi aller mon amour ! On s'en fiche que ce ne soit pas raisonnable. C'est ce dont on a envie qui compte.
Dans le fond, je ne suis pas sûre que j'ai réellement envie de lui et pourtant, je me laisse faire. Je ne m'y oppose pas alors que je devrais peut-être le faire.
Jonathan défait sa ceinture et retire son pantalon. Je me dis à ce moment-là que peut-être, je pourrais sentir la flamme renaître en faisant l'amour avec lui. Je me laisse aller, Jonathan m'entraîne au sol et me pénètre sans la moindre attention. Après, il faut dire que dans notre couple il y a jamais vraiment eu de longs préliminaires. Je n'ai jamais vraiment aimé ça et Jonathan non plus. Là-dessus, nous étions d'accord.
Je constate que je n'arrive pas à ressentir du plaisir, j'ai l'impression d'être contrainte et forcée, même si je sais que je suis consentente. Une fois qu'il a fini ses affaires, il se relève et m'aide à me relever.
- Tu vois Emily, ça marche encore !
- Ecoute Jonathan, j'ai beaucoup de travail !
- Oui ! On s'appelle !
- Oui oui c'est ça !
Jonathan me vole un baiser.. comme si les choses étaient acquises. Je crois qu'il pense vraiment qu'on va se remettre ensemble. Il quitte l'administration et je mets ma main devant ma bouche et me met à pleurer. Je vais me laver, sentant encore son liquide dégouliner entre mes jambes. Je me sens tellement coupable ! Je prends mon téléphone et tente de joindre ma jumelle Abigail mais elle ne répond pas. Elle est neurochirurgienne. Je suppose qu'elle est au bloc. Je me sens tellement mal, je dois parler à quelqu'un. J'appelle une autre personne, la seule qui pourra m'aider et me comprendre, la personne que j'aime probablement le plus au monde après mes enfants.
- Allo !
- Maman !
- Bonjour Emily !
- Maman ! J'ai fait une bêtise !
- Attend Emily calme-toi !
- Je suis une faible !
- Ecoute je suis chez moi là. J'arrive. Je suis là dans dix minutes. Tu es à la résidence ?
- Je suis à l'administration, dans mon bureau.
- J'arrive !
Je continue à pleurer et une dizaine de minutes plus tard, ma mère arrive. Elle me prend dans ses bras et me console.
A suivre