Chapitre 10 : La pâtisserie
Je suis chez Guillaume et nous discutons autour d'un café. Je n'en reviens pas d'être là. Encore ce matin, je n'étais pas sûr d'y aller. Je dois dire que ma mère m'a un peu persuadé. Je le vois arriver avec un gâteau magnifique que j'ai l'impression de connaître. Il est servi sur un plat à gâteau laissant presque croire que c'est lui qui l'a fait.
- Alors franchement je ne savais pas si vous alliez venir, mais on n'accueille pas la reine sans lui offrir une pâtisserie. Je n'irai pas dire que je l'ai fait, mais j'ai acheté ce gâteau pour accompagner le café.
- Bon je vous dirais, heureusement que vous ne m'avez pas dit que c'est vous qui l'aviez fait, car vous seriez passé pour un idiot... !
- A ce point !
- Je ne doute pas de vos talents, mais ce gâteau, je le connais très bien. En fait, le patron de la pâtisserie, c'est Martin, le meilleur ami de ma mère.
- Ah oui ! Je n'aurais pas eu l'air bête ! Après je ne suis pas du genre à m'inventer des talents que je n'ai pas ! J'assume ce que je suis, mais j'assure aussi ce que je ne suis pas.
- Je n'aime pas les vantards ! ça me rassure même que vous ne m'ayez pas sortie une blague de ce genre car je n'aime pas les menteurs !
- Comme ça c'est clair ! Et vous ? Vous avez le temps de cuisiner un peu ?
- Oui, bien sûr !
- Vous avez du personnel qui cuisine pour vous je suppose !
- Absolument pas ! Je cuisine très bien seule et c'est ma mère qui m'a tout appris !
- Votre mère vous a appris beaucoup de chose, on dirait !
- C'est normal non ?
- Oui tout à fait ! Mais j'ai l'impression que vous êtes très fusionnelle avec votre mère !
- Fusionnelles peut-être pas, mais c'est probablement la personne que j'aime le plus au monde après mes enfants. Après, ma mère, elle m'a adopté officiellement avec ma sœur, nous avions huit ans Mais depuis notre plus jeune âge, elle venait nous voir chaque jour à l'orphelinat. Elle aurait pu nous laisser là-bas. Si je suis devenue qui je suis aujourd'hui c'est grâce à elle, son amour et sa bienveillance.
- C'est beau ! Moi je ne suis pas si proche de ma mère, même si je l'aime beaucoup.
Je goûte le gâteau.
- Toujours aussi bon ! Martin a un énorme talent !
- Oui, j'adore cette pâtisserie !
Nous discutons de tout et de rien. Je le trouve vraiment adorable. J'essaie de ne pas croiser son regard quand il me sourit.
- Vous m'avez dit que votre père avait occupé cette maison ! J'avoue que je n'ai pas trop compris ! Il est pourtant marié à votre mère.
- Oh mais ! Ils ne l'ont pas toujours été ! Ma mère a rencontré mon père en l'embauchant ici en tant homme à tout faire. De fil en aiguille, ils sont tombés amoureux. J'étais ado à l'époque ! Je devais avoir treize ans. Mon père s'est marié avec ma mère très peu de temps après finalement et il nous a adopté ma sœur et moi.
- C'est une belle histoire !
- Oui c'est vrai ! En plus, avant même que mon père et ma mère se mettent ensemble, avec ma sœur on l'a de suite apprécié. On voulait trop qu'ils finissent ensemble.
- C'est un couple très réputé dans le royaume. Justement parce que votre mère a été la première monarque à imposer son histoire d'amour et à prôner la légitimité des relations amoureuses dans les monarchies. Sans parler du fait qu'elle a fait cette loi qui condamne les mariages de convenance. C'est pour ça que la reine Donna restera dans l'histoire de Badelvie car elle a en quelque sorte libéré ce royaume d'une certaine forme de barbarie et lui a permis aussi de vivre avec son temps.
- Oui, le royaume avait besoin de ma mère et dans un sens, Beverly a pris une décision des plus remarquable en lui offrant les clés du royaume.
- Beverly c'est votre soeur ainé, c'est ça ?
- Oui !
- Elle est assez discrète ! On n'entend pas beaucoup parler d'elle.
- En effet, ma sœur s'est totalement effacée depuis qu'elle a abdiqué !
- En tout cas, c'est un bel endroit ici ! C'est paisible, c'est agréable et spacieux. Je vis dans un tout petit logement. J'avoue que ça me change.
- J'espère que vous vous sentirez bien ! En tout cas, si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas !
- Ça devrait être à moi de vous servir votre majesté !
Je me mets à rire. J'avoue que j'ai encore l'impression de voir son regard fixer mes seins. Je pense que c'est moi qui m'imagine des choses. C'est juste convivial, mais je ne pense pas que mon coup de cœur soit réciproque.
- Bon, il est déjà dix-huit heures, je vais vous laisser !
- D'accord ! Ce fût un plaisir de vous recevoir !
- Merci ! J'ai été ravie ! La prochaine fois, je vous inviterais à mon tour !
- Vous savez, vous n'êtes pas obligé !
- Vous n'avez pas envie !
- Si, bien sûr que si, mais si je vous ai invité, c'est de bon cœur, je n'attends rien en retour.
- C'est entendu.
Bon la réponse est claire, il n'a pas vraiment envie qu'on se revoie. Le message semble être passé. Je quitte la maison de Guillaume et je sens mon cœur s'emballer. Je crois que je suis en train de tomber amoureuse de cet homme. Tout ce que je ne voulais pas.
Je ne le vois pas, mais lui de son côté vient de fermer la porte derrière mois. Il se pose sur le canapé et pose les mains sur sa tête. Il prend son téléphone et contact une personne.
- Coucou ma belle !
- Salut toi !
- Ça va ?
- Oui !
- Tu ne veux pas passer me voir ce soir ?
- Tu es dans ta maison de location à côté de la résidence Royal.
- Oui ! Je m'y suis installé jeudi !
- Très bien ! Je viens ! J'apporte le dîner !
- Tu sais à quel point j'adore dîner en tête-à-tête avec toi !
- Moi aussi ! Par contre on ne se couche pas trop tard ! J'avoue que je suis fatiguée !
- Pas de souci ! ça me va !
- Merci ! Bisou à ce soir !
- A ce soir !
Il raccroche et débarrasse la table. Il voit la tasse de café avec la trace de mon rouge à lèvre dessus. C'est à ce moment-là qu'il s'imagine ce que ça pourrait être s'il échangeait un tendre b****r avec moi.
A suivre