21 novembreElle ne voit pas, elle ne sent pas qu’elle prépare le poison qui nous fera périr tous les deux ; et moi j’avale avec délices la coupe où elle me présente la mort ! Que veut dire cet air de bonté avec lequel elle me regarde souvent (souvent, non, mais quelquefois) ? cette complaisance avec laquelle elle reçoit une impression produite par un sentiment dont je ne suis pas le maître ? cette compassion pour mes souffrances, qui se peint sur son front ? Comme je me retirais hier, elle me tendit la main, et me dit : « Adieu, cher Werther ! » Cher Werther ! C’est la première fois qu’elle m’ait donné le nom de cher, et la joie que j’en ressentis a pénétré jusqu’à la moelle de mes os. Je me le répétai cent fois. Et le soir, lorsque je voulus me mettre au lit, en babillant avec moi-même d


