VAprès dîner, en remontant sur le pont, je regarde là-bas, dans la direction d’Oran, et ma résolution ne tient plus. Ces sortes de résolutions, la nuit tiède qui tombe les emporte toujours. La pluie est passée. Le ciel est assombri encore par des nuages opaques, d’un gris livide, qui se tiennent par longues b****s, et semblent très haut, très loin de notre monde. Le vent vient de terre, et la montagne mouillée nous envoie ses senteurs plus fortes. Il est déjà tard. Je trouve encore sur le quai de Mers-el-Kébir une petite voiture ouverte, attelée de deux bêtes maigres qui s’emballent au départ. Le vent de cette course me fouette délicieusement le visage, une demi-heure durant, jusqu’aux portes de la ville. Je monte à pied au quartier maure, et Suleïma est là qui m’attend, au point convenu


