le procès: Roberta a l'avantage

2062 Mots
A cet instant, une profonde tristesse envahit Réginald. Il se met à penser brièvement à sa future femme qui fut assassinée. Mais il se souvient qu’elle était enceinte, elle portait son enfant à lui, enfant qu’il ne connaitra jamais. Hermann et Walter remarquent son changement soudain d’humeur. Walter : « Réginald, est-ce vous allez bien ? » Hermann : « vous vous sentez bien ? » Réginald : « ne vous en faites pas » Hermann : « sûr ? » Réginald (à Walter) : « je souhaiterai vous aider dans cette affaire s’il vous plaît » Walter (joyeux) : « et comment ! J’accepte avec joie » Hermann (à Réginald) : « vous êtes sûr de vous ? Vous serez surmené si vous accumulez les affaires comme cela » Réginald (à Hermann) : « non, ne vous en faites pas pour cela, Hermann. Je m’en sortirai. Si j’ai l’occasion de travailler avec mes collègues et amis, je n’hésiterai pas une seule seconde » Walter : « je vais interroger les témoins de l’affaire sur laquelle je travaille. Je déposerai une copie du dossier dans votre bureau demain » Réginald : « d’accord » Hermann : « bien… mais au moindre déclin de santé, je vous exigerai du repos et ce sera un ordre » Réginald (à Hermann) : « j’obéirai à ce moment-là. Pour l’instant, allons préparer l’audience de demain contre Roberta » Hermann : « ok, c’est parti. » De son côté, Walter se rend à la résidence d’Amber. C’est une très grande maison, semblable à un manoir. Très richement décoré de l’extérieur, l’appartement est peint tout en blanc. A l’extérieur, une femme est assise à la véranda, elle sirote du jus d’orange dans un verre. Walter s’approche de la dame. Walter : « bonjour madame » ??? : « bonjour monsieur » Walter : « c’est bien vous Amber ? » Amber : « oui, c’est bien moi. Mais vous… » Walter (montre sa carte) : « Walter Anderson, avocat du cabinet ACE. J’enquête sur la mort de votre nièce Elena. Le dossier a été rouvert » Amber : « c’est pas possible ! Donc la justice a décidé de se pencher là-dessus, finalement » Walter : « j’ai quelques questions à vous poser concernant les circonstances du meurtre de votre nièce, madame » Amber : « allez-y s’il vous plaît. Asseyez-vous » Walter (s’assied) : « je vous remercie. Qu’est-ce qui s’est passé cette nuit-là ? » Amber : « tout se passait bien, les invités étaient là. Elena s’amusait avec ses camarades de jeux et ses cousins. Mais quelques minutes plus tard, j’ai décidé d’organiser un petit jeu au cours duquel il fallait ramasser une pomme dans un seau rempli d’eau sans utiliser les mains » Walter : « la petite est morte la tête plongée dans un seau d’eau n’est-ce pas ? » Amber : « je crois, oui. Cette tragédie a plongé la famille dans une tristesse très profonde » Walter : « continuez, je vous prie » Amber : « tous les enfants se sont réunis en cercle pour participer au jeu. Mes sœurs et moi-même, ainsi que les autres invités étions dans la même salle. C’est alors que la petite Elena a sorti cette histoire comme quoi elle aurait été témoin d’un meurtre il y a un an, mais à ce moment-là elle ignorait que ç’en était un. Après le jeu du seau d’eau, les enfants se sont réunis dans une autre salle pour jouer au scrabble. C’est à ce moment que nous avons remarqué que la petite manquait à l’appel » Walter (prend des notes) : « ah… d’accord » Amber : « cette petite était une menteuse. Il a dit un jour qu’elle avait voyagé pour se rendre en Afrique et qu’elle y avait rencontré des éléphants » Walter : « c’était donc faux » Amber : « bien sûr. c’était le prêtre Louis qui s’était rendu en Afrique pour une mission pastorale » Walter : « je vois… » Amber : « vous vous en doutez bien, tout le monde ne l’a pas prise au sérieux. Mais après, nous avons vu cette pauvre petite, la tête plongée dans le seau d’eau. J’ai de la peine à croire que c’est arrivé » Walter (compatissant) : « pauvre petite, quelle tristesse ! » Amber (se lève de sa chaise et entre dans sa maison) : « veuillez m’excuser, je ne souhaite plus parler de cette épisode tragique » Walter : « mais certainement. Je vous présente toutes mes condoléances, madame » Amber referme la porte derrière elle, laissant Walter seul sur la véranda. Celui-ci comprend qu’elle sortira plus, alors il se lève et continue sa pêche aux informations en se dirigeant vers un autre endroit. Il consulte le relevé d’adresses qu’il a lui-même conçu pour son enquête personnelle. Il décide de se rendre chez l’ami de la famille, Ambrosini. Pendant ce temps, Hermann et Réginald s’emploient tous les deux à chercher de quoi contrecarrer les plans de Roberta. Quelques minutes plus tard, Walter arrive chez Ambrosini. C’est un informaticien qui travaille la plupart du temps chez lui. Walter, une fois devant la porte d’entrée, appuie sur la sonnette. Ambrosini lui ouvre. Walter : « bonjour monsieur Ambrosini » Ambrosini : « bonjour monsieur… ? » Walter : « Walter Anderson, avocat du cabinet ACE. Je mène une enquête sur la mort de la petite Elena » Ambrosini : « alors, là où la police a échoué, les avocats pensent réussir » Walter : « la justice est faite d’innombrables chemins » Ambrosini (laisse Walter entrer) : « entrez, s’il vous plaît » Walter entre et s’assied sur une chaise. Ambrosini tire une chaise et prend place près de lui. Walter (bloc-notes et stylo à la main) : « racontez-moi un peu ce qui s’est passé ce soir-là » Ambrosini : « que dire de plus ? C’est une tragédie, cette affaire. Alors…dans la maison d’Amber, il y avait beaucoup de petites choses à faire, les grands faisaient beaucoup d’allées et venues. Les enfants jouaient presque tout le temps, je ne sais pas à quel moment le tueur a pu commettre son forfait » Walter : « vous pensez que le meurtrier était un étranger ? » Ambrosini : « cela n’aurait pas pu être quelqu’un de la maison » Walter : « pourquoi dites-vous cela ? » Ambrosini : « réfléchissez une seconde, c’est une famille. La plupart de ces gens ont des liens de parenté, hors mis moi, ou le prêtre… » Walter : « même le prêtre était présent au moment du meurtre ? » Ambrosini : « bien sûr… » Walter : « excusez-moi, continuez, je vous prie » Ambrosini : « oui…comme je disais, le tueur ne pouvait venir que de l’extérieur. C’est au moment où les enfants jouaient au jeu de la pomme dans l’eau qu’Elena nous a dit qu’elle avait vu un meurtre. Mais à ce moment, elle ne savait pas que c’en était un. Tout le monde s’est moquée d’elle. Elle insistait sur la véracité de ses propos, mais personne ne l’a prise au sérieux. Bien avant cela, elle racontait toujours des histoires de voyage dans des pays africains et des histoires où elle serait montée sur le dos d’un éléphant ou d’un chameau. Elle n’a jamais voyagé. Des fois, je me demandais où elle prenait toutes ces histoires » Walter : « c’est très curieux en effet. Dites-moi, vous voyagez souvent ? » Ambrosini : « oui, je me suis rendu une fois dans le désert du Sahara. Les peuples qui y vivent m’ont appris à grimper sur le dos d’un chameau, c’était vraiment une expérience des plus exquises » Walter : « y êtes-vous resté longtemps ? » Ambrosini : « quelques mois seulement » Walter : « je vois… vous y avez pris goût » Ambrosini : « ce fut une grande expérience dans ma vie » Walter : « je crois qu’on va s’arrêter là pour l’instant. Je compte vous recontacter si j’ai besoin de précisions supplémentaires » Ambrosini : « c’est quand vous voulez, mon cher monsieur » Ambrosini se lève et raccompagne Walter à la porte. Walter garde son carnet de notes et prend le chemin qui mène au cabinet ACE. Une fois arrivé, il monte dans son bureau et ajoute les éléments recueillis lors de ses entretiens au dossier de l’affaire sur laquelle il travaille. Le lendemain, Hermann et Réginald se retrouvent de bonne heure au cabinet. Ils constatent que la porte est ouverte. Les deux hommes montent et vérifient les bureaux. Grande fut leur surprise lorsqu’ils voient Walter endormi dans son bureau. Il a passé toute la nuit à travailler et a fini par s’assoupir. Réginald referme la porte de son bureau. Les deux amis le laissent se reposer et sortent du bâtiment, ils se rendent à la salle d’audience. Ils arrivent à destination une demi-heure plus tard. La salle est bondée de gens, Roberta entre dans la salle juste après eux. Viviane Cooper est présente, elle est escortée par deux gardes de l’établissement pénitentiaire. Chaque camp prépare ses arguments et ses questions. Le juge déclare l’audience ouverte. Juge : « accusée, levez-vous » Viviane se lève, toute tremblante. Juge : « Viviane Cooper, vous êtes accusée de meurtre avec préméditation sur la personne de Thérésa Armanti, retrouvée morte dans la maison de sa mère, Florence Armanti. Comprenez-vous les charges qui pèsent contre vous ? » Viviane : « o…oui votre honneur » Juge : « bien, asseyez-vous » Viviane s’assied. Juge : « la défense, qu’avez-vous à dire concernant les charges retenues contre votre client » Hermann (se lève) : « votre honneur, ma cliente plaide non-coupable contre toutes les charges retenues contre elle » Juge : « bien, dans ce cas… le procès peut commencer. Maître Roberta. avez-vous des témoins à faire passer à la barre ? » Roberta (se lève) : « oui votre honneur. Je commencerai par appeler monsieur Raheem Ahmad à la barre » Réginald s’étant muni de son carnet de notes, se prépare à noter tout ce qui se dira lors du procès. Hermann s’assied, puis rassure sa cliente pendant que Raheem se dirige vers la barre et prête serment. Hermann (à Viviane) : « ne vous en faites pas, ça va bien se passer » Viviane : « si vous le dites… j’aimerais avoir votre confiance » Roberta (à Raheem) : « monsieur Raheem Ahmad, parlez-nous de vos employés, je vous prie » Raheem : « eh bien, il n’y a pas grand-chose à dire sur chacun d’eux. A part bien sûr qu’ils travaillent pour le compte de mon entreprise de nettoyage à domicile. Chacun d’eux possède des qualités et des défauts, mais il va de soi que je leur fais confiance pour le travail qu’ils font » Roberta : « d’accord, vous avez donc une confiance inébranlable en chacun de vos employés. Mais est-ce vraiment le cas pour tous les employés ? n’y aurait-il pas une exception ? » Hermann (se lève) : « objection, votre honneur, Maître Neville oriente la réponse du témoin » Juge : « objection accordée » Roberta : « bien. Avez-vous déjà eu des problèmes au travail avec Viviane Cooper ? » Raheem : « Viviane est une employée plutôt modèle, elle travaille toujours dans les temps, elle est assez ponctuelle et aucun de mes clients n’a déjà eu à se plaindre d’elle » Roberta : « donc elle n’a jamais eu de problèmes avec un client ? » Raheem : « non. Du moins, pas à ma connaissance » Roberta : « parlons maintenant du jour du meurtre, et surtout du moment où vous avez assigné à l’accusée la tâche de se rendre chez les Armanti pour du nettoyage » Raheem : « aux environs de 14 heures, j’ai reçu un appel de Florence Armanti. J’ai un registre contenant des numéros de téléphone fixe, j’ai donc pu identifier d’où venait l’appel. Elle m’a demandé de faire venir Viviane pour nettoyer une pièce de sa maison qu’elle jugeait assez insalubre et qu’elle la retrouverait chez elle à 15 heures. J’ai noté tout cela dans mon agenda et, lorsque Viviane est arrivée, je lui ai fais part de cela et je lui ai demandé de se rendre chez madame Armanti »
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