Hermann : « j’ai décidé de mettre la jeune femme que tu as mise en prison, Viviane Cooper »
Henri : « tu n’es pas sérieux ! C’est perdu d’avance, elle est la suspecte principale de
cette affaire »
Hermann : « dans ce cas, tu ne m’en voudras pas de te poser quelques questions… »
Henri : « oh, je t’en prie. Si cela peut te convaincre de laisser tomber cette affaire »
Hermann (sort son bloc-notes ainsi qu’un stylo) : « bien… est-ce que tu as interrogé Florence ? »
Henri : « oui. Une sympathique vieille dame »
Hermann : « très bien… que t’a-t-elle dit ? »
Henri : « à quel sujet ? »
Hermann : « connaissait-elle la jeune femme morte dans sa maison ? »
Henri : « ce n’est pas à moi que tu devrais poser cette question »
Hermann : « d’accord. Quelle est ta théorie concernant l’affaire ? »
Henri : « ma théorie est que Viviane Cooper est coupable pour trois raisons.
Premièrement, elle se trouvait seule dans la maison avec la victime. Deuxièmement, même si elle prétend ne pas connaitre la victime, elle connaissait quand même le domicile de Florence
qui est le lieu dans lequel la victime a été retrouvée. Troisièmement, elle a menti concernant les
horloges… »
Hermann : « comment ça ? »
Henri : « elle t’a sans doute dit qu’il y avait trois horloges n’est-ce pas ? En dehors de l’horloge de Florence qui contient un coucou, il y avait quatre horloges. Va savoir où se trouve la quatrième horloge »
Hermann (prend des notes) : « hm… »
Henri : « mon point de vue sur cette affaire est qu’elle est coupable »
Hermann : « le fait qu’elle se trouvait dans la maison avec la victime ne fait pas d’elle
la coupable, mais une suspecte. Même si elle connaissait le domicile, comment aurait-elle pu
tuer quelqu’un dans une maison et s’arranger à être présente pour être suspectée en premier ?
De plus, cette affaire d’horloges ne prouve en rien sa culpabilité. A moins que tu aies autre chose à me donner, cette femme est innocente en tout point pour le moment »
Henri : « dans ce cas, il faudra le prouver. Et je te conseille de faire le maximum, parce que Roberta Neville compte bien faire croupir ce femme en prison »
Hermann : « je connais ce nom…ce n’est vraiment pas de bonne augure »
Henri (éclate de rire) : « toi, tu as des problèmes avec cette avocate ! Autant dire que tu as déjà perdu »
Hermann (redescend les marches) : « content de t’avoir vu petit frère. A bientôt »
Henri (faisant un signe de la main) : « à bientôt grand-frère »
Hermann quitta donc le commissariat et se rendit à la rue 10. Il chercha l’appartement
numéro 40, ce qui correspond à l’adresse de la vieille dame appelée Florence. Il finit par trouver
l’appartement et, une fois devant la maison, frappa à la porte. Il attendit quelques secondes, une femme assez âgée lui ouvrit, elle portait un foulard sur la tête, des lunettes, une robe d’assez bonne couture et une sandale en cuir aux pieds.
Florence : « oui, monsieur »
Hermann : « bonjour madame. Je me présente Hermann Byron. Je suis l’avocat de Viviane Cooper dans l’affaire concernant la victime qui a été retrouvée morte dans votre salon »
Florence : « d’accord, que voulez-vous ? »
Hermann : « je voudrai vous poser quelques questions concernant ce qui s’est passé ce jour-là »
Florence : « ce jour-là ? Mon appartement s’est transformé en cimetière à cause de cette
femme. Il n’y a rien d’autre à ajouter »
Après avoir dit cela, Florence referma violemment la porte. Hermann se tenait là, devant
la porte. Il prit la décision de retourner au cabinet afin de lire le dossier de l’affaire, Roberta
devait passer le lui remettre. Il y avait l’impression que quelque chose ne tournait pas rond.
Roberta Neville est arrivée au cabinet ACE, elle a trouvé la porte fermée. Puis, elle retourna à
sa voiture et décida d’attendre. Son attente dura 45 minutes tout au plus car c’est le temps qu’a mis Hermann pour retourner au cabinet. Dès que Roberta l’aperçoit, elle sort de sa voiture avec le dossier de l’affaire dans la main. Elle ne lui laisse pas le temps d’entrer et l’accoste aussitôt
de façon assez brutale.
Roberta : « vous faites vraiment attendre des personnes importantes. Si vous ne l’êtes
pas, faites au moins l’effort d’avoir un courrier comme tout le monde »
Hermann : « si vous ne vouliez pas me le donner en main propre, il fallait me l’envoyer par mail. Quoique, même cela, je doute vous en soyez capable »
Roberta (tend le dossier à Hermann) : « tenez, torchez-vous avec ceci. J’espère que je vous verrai au procès. Mais où est Réginald ? Vous avez enfin compris qu’il valait mieux le
renvoyer ? »
Hermann : « il a décidé de chercher votre planète d’origine afin de vous faire retourner là d’où vous venez, tellement vous empestez le bizarre »
Roberta : « rendez-vous dans 4 jours exactement. Je compte bien faire condamner la jeune Viviane Cooper pour ce meurtre odieux »
Hermann : « qu’est-ce qui vous fait croire qu’elle est coupable ? Les accusations de l’officier Henri ? Les plaintes d’une vieille inconnue ? »
Roberta : « inconnue ? Non. Vous n’y êtes pas du tout. Dans ce dossier, il y a l’identité de la victime. Elle s’appelait Thérésa Armanti. La vieille inconnue comme vous dites s’appelle Florence Armanti. Elle a donc retrouvé sa fille assassinée dans sa maison. Allez donc lui dire
que Viviane Cooper est innocente alors qu’elle est venue la retrouver chez elle sans qu’elle n’ait fait appel à un quelconque service de ménage »
Hermann : « mais, Viviane n’aurait pas pu effectuer un déplacement comme celui-là sans être appelée »
Roberta : « eh bien, elle a dû vous mentir. C’est ce qu’elle fait de mieux. Tout d’abord, elle ment sur le nombre d’horloges retrouvées dans cette maison, ensuite elle ment sur le fait d’avoir été appelée pour ses services par une femme qui ignore jusqu’à son apparence
physique »
Hermann n’a décidément pas tous les éléments pour l’instant. Il lui faut consulter le dossier de toute urgence. Roberta semble déjà prête pour un procès et c’est clair qu’elle le lui montre.
Roberta (retourne à sa voiture) : « je vous laisse. Vous avez de la lecture à faire.
N’oubliez pas, quatre jours. Mais je suis ouverte à un arrangement dans le cas où votre cliente
passerait aux aveux avant le jour du procès »
Hermann évite de lui répondre. Il risquerait d’ouvrir une brèche que Roberta n’hésiterait pas une seule seconde à exploiter pour faire gonfler la facture qui, pour ainsi dire, ne se présente pas déjà bien. Il entre donc dans le bâtiment et va dans son bureau. Une fois assis, il épluche le dossier papier par papier. Il oriente ses recherches sur la déposition de Florence Armanti, la vieille dame qui lui claqua la porte au nez.
Hermann lit la déposition de Florence : (je suis sortie de chez moi à midi pour aller
manger au restaurant. Vous pourrez le vérifier, j’ai payé avec ma carte de crédit. Aux environs
de 14 heures, j’ai repris le chemin du retour et je suis arrivé ici à 15 heures tout au plus. Je le
sais parce que mon coucou suisse chantait. C’est là que j’ai entendu cette jeune femme qui criait
dans mon salon, elle m’a dit qu’elle a vu un cadavre. J’ai regardé et j’ai vu ma fille, ma petite
fille couchée toute froide. Ainsi que ces horloges qui ne m’appartenaient pas, elles étaient au
nombre de 4. Je n’ai jamais vu cette femme dans ce quartier, ni même en ville. Je ne la connais
pas, alors comment aurais-je pu appeler pour demander de ses services ? En plus, je trouve cela
complètement inutile de solliciter une agence d’entretien lorsqu’on possède deux bras et deux
jambes. Etre doué de paresse à ce point, c’est une maladie).
Hermann a fini de lire la déposition de Florence. Il se met à feuilleter le reste du dossier. Puis, il se poser la question : et si Viviane n’avait pas été tout à fait honnête avec lui ?
Effectivement, la déposition de Florence joue contre Viviane. A partir de là, elle peut
logiquement être considérée comme le suspect principal du meurtre de Thérésa Armanti. Même la déposition de l’officier Henri comporte des éléments qui pourraient être contredits mais
mêlés aux éléments contenus dans la déposition de Florence, ils constituent une raison suffisante pour attenter des poursuites contre Viviane. Il continue de lire le dossier de l’affaire jusqu’au soir, la fatigue le gagne à tel point qu’il s’endort et passe ainsi la nuit au bureau. Le lendemain, il se réveille aux environs de 9 heures. Combien sa surprise fut grande lorsqu’il
retrouva dans son bureau Réginald et Walter.
Hermann (se lève brusquement de sa chaise) : « vous ? Je suis ravi que vous soyez là. Comme vous le voyez, je… »
Réginald (fait asseoir Hermann) : « ne vous expliquez pas. On sait déjà que vous avez dormi ici. Vous devez travailler sur un dossier extrêmement compliqué »
Hermann : « j’affronte Roberta dans une affaire de meurtre »
Walter : « oh mince ! Qui représentez-vous ? »
Hermann : « l’accusée. C’est une femme »
Réginald : « vous avez des raisons de croire qu’elle est innocente ? »
Hermann : « il y a quelque chose que j’ai dû zapper. C’est trop facile de l’inculper »
Réginald : « comment ça ? »
Hermann : « eh bien, elle était dans un appartement appartenant à une vieille dame qui
ne reconnait pas l’avoir appelée, elle ne la connait même pas. Un cadavre a été retrouvé dans
ledit appartement, et il se trouve que le cadavre était en fait la fille de la vieille dame. L’officier
de police, en l’occurrence mon cher petit frère, trouve que c’est un hasard assez bizarre. La
jeune femme j’ai nommée Victoria Cooper a été arrêtée et placée en garde à vue en attendant
le procès. L’arme du crime n’a pas été retrouvée. Il s’agit d’un couteau ou d’un poignard. Autre
fait bizarre, ce sont les quatre pendules qui ont été retrouvées dans la maison de Florence, la
vieille dame. Seulement Viviane parle de 3 pendules, et elle est bien la seule »
Walter : « c’est quand même une sacrée énigme. Vous l’avez interrogée ? »
Hermann : « oui, je l’ai interrogée. Elle n’a pas dit autre chose que ce que je viens de vous dire »
Walter : « et la vieille Florence ? »
Hermann : « elle n’a même pas daigné me recevoir. A peine ai-je commencé à poser la première question qu’elle a refermé la porte »
Réginald : « hm… »
Walter : « quelque chose vous dérange, Réginald ? »
Réginald : « en effet… »
Hermann : « pourriez-vous me dire ce qui semble vous déranger ? »
Réginald : « je me demande. Viviane Cooper vous a dit comment elle a fait pour aller
chez la vieille dame ? »
Hermann : « oui. Bien sûr. Elle m’a dit que son patron lui a demandé d’y aller. Il paraît qu’elle avait été sollicitée par Florence »
Réginald : « cette même Florence qui dit ne pas la connaître… »
Walter : « c’est quand même assez bizarre, cette histoire »
Réginald : « et si vous interrogiez le patron de l’agence d’entretien ? »
Hermann : « que pourrait-il bien me dire de nouveau ? »
Réginald : « Viviane vous a dit qu’elle a été envoyée par son patron. Florence, la
personne sensée jouer le rôle de la cliente, ne semble pas au courant et visiblement, n’a pas besoin des services d’une agence qui a pourtant été appelée. Il faudrait donc parler au patron afin que nous puissions voir de quel côté penche la balance finalement »
Hermann (prend des notes) : « je crois que j’aurais besoin de vous sur cette affaire, Réginald »
Walter : « je pourrai me joindre à vous moi aussi »
Hermann (tend un dossier à Walter) : « non, car vous aurez une affaire, vous aussi. Un
informateur de la police en voie d’être condamné à la prison à perpétuité. Le procureur Tim
Gimmick représente la police. Il est assez performant sur le plan juridique, c’est même le
meilleur procureur de la ville. Je ne garantis pas votre défaite, mais prouver que cet informateur
est innocent sera vraiment très compliqué »
Walter s’empresse de prendre le dossier, puis il retourne à sa bureau. Pendant ce temps,
Réginald prend connaissance du dossier de l’affaire Viviane Cooper.
Hermann : « alors, il faudra interroger le patron de l’agence pour avoir une sorte d’élément intermédiaire… »
Réginald : « non. Le but est de savoir si Viviane Cooper dit la vérité puisque tout semble
se retourner contre elle »
Hermann : « je suis le seul avocat de la ville à croire que cette femme est innocente ou quoi ? »
Réginald : « sachez une chose, Hermann, dire que quelqu’un est innocent est une chose,
le prouver en est une autre. De plus, vous ne pouvez jamais garantir à 100% l’innocence de
votre cliente sauf si, bien sûr, vous étiez avec elle lorsque les faits se déroulaient »
Hermann : « je vois… dans ce cas, il faut qu’on aille interroger le patron de l’agence d’entretien »
C’est alors que Réginald et Hermann sortent du bâtiment qui abrite le cabinet. Ils empruntent un taxi qui les emmène à l’agence ALL CLEAN, ladite agence d’entretien dans laquelle travaillait Victoria Cooper avant d’être placée en garde à vue. Réginald et Hermann
entrent dans les locaux de l’entreprise et se dirigent vers la réception.