La feuille repose sur la table devant moi. Depuis que je suis rentrée, il y a près d’une heure, je ne fais que la fixer, incapable de décider si je dois l’ouvrir ou la déchirer. Ce simple morceau de papier me brûle presque la paume, comme s’il portait en lui une fièvre. Il m’a accompagnée tout le trajet dans mon sac, lourd de son silence. Je le regarde toujours. Une part de moi brûle de savoir ce qu’il contient, tandis qu’une autre refuse catégoriquement d’entendre encore une fois les mots d’un homme qui m’a tant méprisée. Que pourrais-je bien espérer d’une lettre écrite par lui ? Je tends la main, prête à le réduire en lambeaux, quand une voix intérieure me murmure :« Lis-la, qu’as-tu à perdre ? » Je frémis.De tristes paroles qu’on regrette toujours ensuite.Le pire qui puisse arriver,


