II Lorsque Silva fut parti, Geoffroy fit quelques tours dans le salon à pas saccadés, puis d’une main impatiente il sonna. – Madame la comtesse est-elle rentrée ?… demanda-t-il au valet qui ouvrit la porte. – Non, monsieur le comte. – Aussitôt qu’elle arrivera, vous me préviendrez. Il se jeta dans un fauteuil où il resta le front appuyé sur la main, les yeux fixés dans le vide, le visage contracté, suivant évidemment de pénibles réflexions : qui l’eût vu dans son atelier le matin et l’eût retrouvé maintenant dans ce salon, ne l’aurait assurément pas reconnu. Le temps s’écoula sans qu’il quittât son fauteuil et que son regard s’éclaircît : ce fut seulement quand on lui annonça l’arrivée de l’architecte qu’il imposa à son visage une expression voulue de calme et d’indifférence. Bien q


