IV Tous deux étaient dans un état de joie violente, ils se regardaient en riant, le visage épanoui, les yeux émus, les mains frémissantes ; c’était le nom du père assuré, la fortune du grand-père triomphante ; pour le mari, sa femme conquise et avec elle la dignité, la sécurité du ménage ; pour le père, la paix définitivement établie avec sa fille et son gendre serrés dans une étroite intimité autour de ce berceau ; enfin pour tous deux, les inquiétudes qui les tourmentaient, à jamais dissipées, et les espérances des premiers jours du mariage redevenues radieuses. – Vous ne pressentiez rien ? demanda Leparquois. – Rien. – J’aurais dû laisser Gabrielle vous faire cette joie. – Me l’eût-elle faite ? – N’en doutez pas. – Il n’y a que quelques instants je l’entendais applaudir Ligny qui


