L’ÉTERNELLEMENT BELLE Les deux années qui suivirent, Pétros les consacra de plus en plus exclusivement à son œuvre. Il avançait doucement, comme s’il craignait de se tromper alors qu’il était en pleine maîtrise de son art. Il avait seulement peur d’en finir avec elle, peur de ce vide qui le priverait de ce corps quotidiennement caressé, modelé depuis tant d’années. Elle devenait chaque jour plus belle, plus réelle. Il travailla à la râpe et au papier de verre pour adoucir encore et encore. Au violon, avec une infinie patience, il s’attacha aux cheveux, aux commissures des lèvres, aux yeux. Il lui dénoua les cheveux... et les boucles fines se détachaient et cascadaient sur les épaules. Le nez était bien marqué, mince, droit, les paupières supérieures, légèrement alourdies, donnaient au


