V Léonide ou AminaAprès la soirée que nous venons de raconter, après l’arrestation de son mari, la princesse de Bellina était restée atterrée, anéantie ; par moments, elle croyait rêver, puis, se couvrant le visage de ses mains, elle sanglotait, se tordait, allait, venait, s’asseyait, se levait, craignant de devenir folle. Le coup de foudre qui venait de la frapper était si soudain, si imprévu, si étrange ; il avait éclaté avec une telle violence, avait un caractère si mystérieux et des effets si désastreux que la princesse, malgré toute sa force, toute son indomptable énergie, s’était sentie ébranlée jusqu’aux fibres les plus intimes, les plus secrètes de son être. Et dans le colloque nocturne tenu tout à l’heure entre Hector et Gregorio, ce dernier avait deviné la vérité, avait pour a


