Mathis Johnson
L’eau brûlante coule sur moi, effaçant tout sauf cette étrange sensation de vide qui me ronge à cet instant. Tout allait pourtant bien, avant qu’elle ne réapparaisse dans ma vie, comme un fantôme que je croyais enterré. Lucia. Cette... Femme, qui fut jadis mienne.
Je pensais avoir réussi à l’oublier, à tourner la page. Il a suffit qu'elle réapparaisse pour que tout éclate en morceaux. Je fermai les yeux, lla tête inclinée, mes deux mains plaquées contre le mur de la douche, m’appuyant contre celle-ci alors que l'eau continue de couler. J’essaye de faire taire cette nostalgie, ce souvenir de son sourire, de sa voix, des moments qu’on partageait. Je suis avec Maëlle maintenant. Même si elle m'avait blessée par le passé, elle a su se reprendre. Et désormais, elle est là, tout près, et elle ne mérite pas que je m’égare ainsi.
Pourtant, Lucia est là, comme une présence invisible qui s’infiltre dans chaque pensée. Tout à coup, la porte s’ouvre, me ramenant brusquement à la réalité. Maëlle entre dans la douche, son regard ancré dans le mien. Elle s’approche, sa peau brûlante contre la mienne, et je sens son souffle quand elle murmure :
- J’ai envie de toi.
Ses mains explorrnt ma peau, cherchant à me faire réagir. Mais alors que je devrais être tout entier présent, partageant cet instant avec elle et, rien qu'avec elle, une autre image me hante, celle de Lucia. Maëlle me parle, me murmure à l’oreille, mais ce sont les traits de Lucia qui se dessinent devant mes yeux.
Je m’efforce de ne pas céder à ces pensées parasites. Alors, j’attrape son bras, l’attirant à moi sans douceur, pour m’ancrer dans la réalité de l’instant. Maëlle me sourit avec un éclat que je ne devrais voir que pour elle, mais qui se fond étrangement avec le souvenir de Lucia. La pressant encore plus, je murmure d’une voix impatiente :
- Tais-toi et embrasse moi.
Je m’abandonne à elle, cherchant à échapper à cette confusion en perdant le contrôle. Chaque b****r est chargé, chaque geste est brutal, presque désespéré, comme si j’espérais que Maëlle pourrait effacer Lucia de mon esprit. Je la pousse contre le mur, et elle me répond avec une fougue sans retenue. Pourtant, mon esprit trahit mon corps. Ce n’est pas elle que je vois, que je désire, mais Lucia, encore et encore. Mon désir s'intensifie, et mon corps réagit sans que je ne puisse le contrôler lorsque sa main glisse sur ma queue. Mon engin se durcit dans sa main.
Alors, sans aucune forme de procès, je me glisse en elle. Je la culbute, là, contre le mur, avec rage. Le choc de nos corps, la chaleur de sa peau me consume. Pourtant, même dans cet élan dde passion, je ne peux pas échapper à l'image de Lucia. Elle reste là, immuable, dans un coin de ma tête, transformant chaque mouvement en un mélange d'euphorie et de culpabilité.
Maëlle se cambre sous moi, ses
gémissements résonnant dans la
douche, même alors même que je lutte pour igorer la voix de Lucia dans ma tête. Je veux être présent, ressentir chaque instant de ce moment que l'on partage. Mais, il est clair que ce désir pour Maëlle est inextricablement lié à ce manque de Lucia.
L'eau coule, emportant avec elle le peu de lucidité qui me reste. Je m'enfonce encore plus profondément dans cette étreinte, continuant d'espérer que l'intensité de notre union puisse faire disparaître le spectre de mon passé.
Je me perds dans la chaleur de
Maëlle, dans la passion de
l'instant. Le mur froid de la
douche, la chaleur de son corps,
tout se mélange dans une danse
chaotique où je suis à la fois
présent et perdu. Chaque soupir, chaque mouvement me rappelle ce que j'ai perdu, ce que je désire réellement.
Après la douche, on se retrouve dans la chambre, le corps encore brûlant de notre étreinte. Maëlle est là, tout entière pour moi. Je fais l’amour avec elle, mais tout ce que je ressens pour elle semble teinté de l’ombre de cette autre.
La nuit passe entre des éclats de passion et des instants d’oubli. Maëlle finit par s’endormir, paisible, ignorant le tourment qui me ronge. Moi, je reste éveillé, le regard perdu dans l’obscurité, hanté par celle qui n’est pas là, qui ne me quitte pourtant jamais, gardant mon cœur en cage.
Maëlle Spencer Johnson
Le lendemain matin, je me réveille lentement, l’esprit encore embrumé par le sommeil et les souvenirs de la nuit précédente. Mais en ouvrant les yeux, je réalise que Mathis n’est plus là. Une légère déception m’a envahi lorsqu'en tournant la tête, cherchant son visage sur l’oreiller à côté de moi, j'avais constaté qu'il était vide.
A la place, je trouvai juste une note laissée là, pliée soigneusement. Je l’attrape, le cœur battant d’un mélange d’impatience et d’appréhension. D’un geste rapide, j’ouvre la feuille et lis ses mots.
"Désolé de partir aussi abruptement. Un imprévu m’a obligé à prendre un vol ce matin.
Je ne voulais pas te réveiller. Hier soir c'était, parfait. J'espérais qu'on ait plus de temps pour discuter ce matin, autour d'un bon petit déjeuner. Malheureusement, je dois faire face à mes obligations. Je ne peux pas me permettre d'ignorer mes responsabilités. J'espère qu'on pourra en parler à mon retour.
Prends soin de toi, chérie."
Mon cœur se serre en découvrant qu’il a dû partir en voyage. Je me lève, encore enroulée dans les draps. La passion de la veille, l’intensité de ses baisers, tout cela s’évanouit face à son absence soudaine. J’aurais voulu plus que cette nuit, plus que ces courts instants.
Je relis la note, espérant y dénicher une raison pour expliquer la peur que je ressens à cet instant. Mais il n’y a rien. Au moins, son départ pourra m'aider pour une chose : mettre mes plans à exécution. Je ne sais pas quand il reviendra, mais j'espère seulement avoir réussi à trouver un moyen d'empêcher Lucia de revenir foutre le bordel dans ma vie.
Ce mélange de frustration et de liberté me pousse à agir. Cette guerre n’allait pas se gagner avec des demi-mesures. Il me fallait des moyens de pression supplémentaires. Je me dirige vers la fenêtre, observant le monde extérieur qui s’éveille. La lumière du matin illumine la pièce, mais tout me semble terne et gris sans lui. Les souvenirs de notre nuit ensemble affluent, et je ne peux m’empêcher de me demander si cela se reproduirait un jour. Car, depuis notre mariage, c'est bien la première fois qu'il me fait l'amour si passionnément.
Puis, après avoir pris une profonde inspiration, je contactai Monique, une amie d’enfance qui travaillait dans une clinique privée. Elle connaissait les secrets de la haute société, des rumeurs aux affaires d'infidélités, des avortements dissimulés aux addictions bien cachées. Si Lucia avait un quelconque squelette dans son placard, Monique saurait le déterrer. Et si son enfant est...
Elle décrocha au deuxième appel. - Maëlle ! Ça fait longtemps, comment ça va ?
Je passai rapidement les formules de politesse.
- Écoute, Monique, j’ai besoin de toi. Est-ce que tu pourrais fouiller un peu sur une certaine Lucia ? Elle travaille à l’hôpital Saint-Augustin. Je sais que tu y as travaillé un jour. Je dois savoir si elle a déjà fait des erreurs dans sa carrière ou s’il y a quelque chose que je peux utiliser contre elle.
Monique émit un léger sifflement. - De l'espionnage ? Tu joues gros là, Maëlle. Mais bon. Comme je suis ton amie, je vais voir ce que je peux faire. Donne-moi quelques jours.
Je la remerciai, sentant que mon plan prenait forme. Peu à peu, je tissais une toile autour de Lucia. Je ne savais pas encore exactement où j’allais frapper, mais je sentais que les pièces se mettaient en place.
- Une fois que j’aurais toutes les informations nécessaires, je pourrais la détruire, je me répète, exultant presque.
La journée s’est déroulée tranquillement, presque paisiblement. J’ai pris le temps de lire quelques chapitres d’un roman qui m’intrigue, puis je me suis installée devant la télé, à zapper entre les chaînes. A ce stade de ma grossesse, je ne fais pas grand-chose. Les mouvements du bébé dans mon ventre me rappellent que je dois ralentir, me concentrer sur moi-même et sur ce qui vient.
Je venais de raccrocher avec ma belle-mère, lorsque mon téléphone vibra sur la table. C'était Jérémy, un détective privé que j'avais rencontré il y a quelques années lors d'une affaire de vol dans ma boutique. Jérémy est un homme discret, mais incroyablement efficace. Il était doué, très doué, pour suivre des gens sans se faire repérer. Si Lucia cachait quelque chose dans sa vie personnelle, Jérémy le découvrirait. Je me demande pourquoi je n'avais pas pensé à lui.
Je décroche, intriguée par l’appel.
- Bonsoir Jérémy !
- Bonsoir, Maëlle ! Je t’appelle parce que j’ai des nouvelles concernant Luciana.
Mon cœur s’accélère.
- Qu’est-ce que tu as trouvé ?
- J'ai récemment appris qu'un homme lui a rendu visite en prison.
- Une visite en prison ! Je ne savais pas qu'elle avait des visiteurs. Qui est cet homme ?
- Je ne sais pas encore son nom, mais il semble important. Les visites sont fréquentes, et il y a une certaine tension à chaque fois. Je pense que ça mérite qu'on s’y intéresse de plus près.
Je réfléchis un instant. Qui pouvait bien être cet homme ? Sébastien est mort. Je ne l'ai jamais vu en compagnie d'un autre homme. Cette femme est tellement secrète.
- Écoute, Jérémy. J’apprécie vraiment ce que tu fais. Mais l'histoire de Luciana peut attendre pour l'instant. Je voudrais que tu enquêtes pour moi sur sa sœur de préférence. Sa jumelle. Lucia.
- Tu es sûre ? Il se pourrait que cet homme...
- Oui, je suis sûre, je le coupe. L'affaire avec Lucia est beaucoup plus urgente. Je ne peux pas laisser cette situation m'échapper.
- D'accord. Je m’en occuperai. Mais sois prudente, Maëlle. Tu es sur tout les fronts en ce moment. Souviens toi. Tu es enceinte.
- Je le sais. Mais je dois agir. Merci, Jérémy.
- Je te tiens au courant dès que j’ai des informations. Reste vigilante.
Je raccroche, un mélange d’adrénaline et de détermination dans le ventre. Le reste de la journée se déroula sans encombres. Je me répétai sans cesse, presque comme un mantra : La fin justifie les moyens. Lucia avait peut-être cru qu'elle pouvait me déstabiliser, mais elle ne connaissait pas encore toute l'étendue de ce dont j'étais capable.