Je m'immobilise, attendant qu'ils arrivent à ma hauteur. C'est vrai nous nous étions pas beaucoup parlé ce matin mais je ne savais pas qu'il avait un rendez vous d'après boulot.
La question que je me pose naturellement c'est l'identité de cette fille que je vois pour la seconde fois avec lui et surtout qui est elle pour lui. Momar lui dit quelque chose à l'oreille et elle avance, plantant son regard dans le mien une seconde de plus que necessaire pendant qu'il s'arrête.
Je me retourne pour la voir demander à l'une des serveuses qui ne rataient aucune miette des retrouvailles entre Aziz et Myriam tout à l'heure, de l'installer tandis que Momar m'entrainait un peu à l'écart. Je fronce les sourcils en proie à une totale confusion. Que signifie tout ceci? Il me fait la bise
Momar: Je ne savais pas que tu venais ici tout à l'heure.
Moi: Moi non plus
Il est particulièrement bien habillé aujourd'hui même s'il est toujours le plus pimpant de la compagnie. Pantalon noir, chemise blanche, un gilet noir et une belle cravate sombre. Il me faisait penser à ces beaux avocats des séries Américaines surtout avec son cartable très masculin.
Je n'arrive pas a le dévorer des yeux comme je voudrais vu que j'ai autre chose en tête
Momar: Je suis venue discuter avec une amie de longue date.
Moi: Oh je vois. J'étais là avec Myriam et Aziz
Momar: Ça va entre eux?
Moi: Oui tranquille merci. Bon bah je vais y aller alors.
Momar: Okay je t'appelle tout à l'heure.
J'étais absolument certaine qu'il me demanderait de rester avec eux et me la présenter surtout, mais rien de tout cela. ll ne m'a même pas proposé de rester! Peut être ça serait un peu maladroit? Est ce trop tôt pour nous deux pour qu'il me présente à son ''amie de longue date"?
Je prends mon taxi et me rends chez Myriam pour récupérer ses affaires, un peu triste que Momar ne m'ait pas demandé de rester avec eux. Je voulais être avec lui moi!
J'arrive et je demande à la domestique d'appeler sa patronne. Je m'installe dans de confortables et moelleux fauteuils de cuir appréhendant la rencontre avec la difficile belle mère d'Aziz.
A sa manière de descendre les escaliers, je sens déjà qu'elle n'est pas contente de la réconciliation entre Aziz et Myriam.
Maman de Myriam: C'est quoi cette affaire de réconciliation?
Pas de bonjour, rien. SVP madame donnez moi juste ce que je suis venue chercher et je vais me barrer de votre luxueuse maison, avais-je envie de lui dire.
Moi: N'avez vous pas eu Myriam au téléphone?
Elle: Si mais je ne comprends pas que cela se soit fait aussi rapidement. Un homme qui ment on ne lui pardonne pas comme ça car il recommencera. Menteur un jour, menteur toujours.
Je restai sans voix. Comment ose elle traiter mon frère de menteur devant moi? Et me dire qu'il ne méritait pas qu'on lui pardonne? Je sais que Aziz n'a jamais été le gendre idéal pour elle mais elle voit que sa fille n'est heureuse qu'avec lui pourquoi saute elle sur cette occasion pour semer la discorde!
Je sais maintenant qu'elle n'attendait qu'une dispute pour les tenter de les séparer. Et je mettrais ma main à couper qu'elle s'est dit puisque sa fille était toujours jeune et belle, et surtout n'ayant pas eu d'enfant avec Aziz, elle pourrait vite trouver un fils de bourgeois comme elle. Comme je ne répondais toujours pas, dépassée par sa réaction, elle continua.
Elle: Elle m'a dit qu'elle allait voir une amie et j'apprends qu'elle était avec son menteur de mari! Il va lui refaire la même chose et la, elle n'aura que ses yeux pour pleurer. J'étais prête à la soutenir dans sa demande de divorce mais il lui a raconté des mensonges pour l'avoir.
Cette fois, je ne pouvais me retenir
Moi: Madame! Je suis désolée mais mon frère n'est pas un menteur! Il n'a jamais au grand jamais trompé sa femme. Cette histoire n'était qu'un malentendu et Myriam elle même l'a compris. Donc SVP évitez d'insulter mon frère en ma presence et surtout de lui coller des étiquettes. Il aime votre fille sincèrement, la respecte que voulez vous de plus? Ils vont même avoir leur premier enfant. Ne pouvez vous pas vous réjouir de cela au lieu de vous mettre en colère parce ce qu'ils se sont réconciliés?
Elle: Tu as dit quoi? Ma Myriam est enceinte?
Oh m***e! Je lui annoncé quelque chose qu'elle ne savait apparemment pas. Elle enlève son foulard et me regarde, attendant une confirmation.
Elle: Al hamdoulilah un petit fils!
Elle sourit. Elle a l'air tellement heureuse que je ne reconnaissais plus la femme qui rouspétait tout à l'heure. Les grands parents sont toujours fous de leurs petits enfants.
Rien qu'en pensant que sa Myriam chérie lui donnera un petit fils ou une petite fille, elle a totalement oublié sa colère du au fait que Myriam soit retourné chez Aziz. Son revirement est inattendu mais c'est cela le miracle d'un bébé.
Moi: Madame svp ne lui dites pas que je vous ai dit. Je n'étais censée le faire mais je voulais juste vous expliquer que Aziz est un homme bien, pas un menteur.
Elle: Non je ne dirais rien. Je vais demander au chauffeur de prendre les valises et de t'emmener chez Myriam ensuite chez toi.
Elle appelle le chauffeur qui commence a descendre les valises qu'elle avait apparemment préparé avant mon arrivée ou peut être c'est Myriam qui n'a pas rangé ses affaires dans son ancienne chambre.
Elle: Rentres bien et ne t'en fais pas je ne lui dirais rien. Mais je sais que son père sera le plus heureux. Il n'attendait qu'un petit fils de sa préférée.
Assise confortablement dans une voiture on ne peut plus luxueuse, je repense à Momar et son attitude de tout à l'heure. Je me console en me disant que je suis suspicieuse pour rien surtout depuis que je sais qu'Awa a fricoté avec Mansour. J'ai un peu perdu confiance et aussi ce n'est que le début avec Momar, donc j'ai pas a être jalouse directement.
Il m'envoie un message juste au moment où je repensais à celà.
Momar: On se voit vers 21h?
Moi: Oui si tu veux.
J'étais un peu refroidie.
Momar: Bien-sûr que je le veux. J'ai envie de te voir, tu me manques. Tu m'as manqué toute la journée.
Je commençais a fondre...
Moi: Tu m'as manqué à moi aussi.
Momar: Je viens te chercher à 21h ça te va?
Moi: Oui. A toute à l'heure alors.
Je me rends compte que j'ai le coeur qui bat rien que de savoir que je passerais la soirée en sa compagnie. J'arrive chez Myriam et je les trouve enlacés sur le canapé, la main d'Aziz caressant le ventre de sa femme. J'espère vraiment connaitre un amour tel que le leur un jour, je les envie vraiment. Le chauffeur et Aziz font rentrer les valises et je m'éclipse malgré qu'ils eurent insisté afin que je reste. Je ne voudrais surtout pas gâcher les retrouvailles de monsieur et madame Wane.
Je rentre et le temps que je bavarde un peu avec mes parents, mange et me lave, Momar m'envoya un message pour me dire qu'il quittait sa maison pour la mienne. J'avais porté un collant noir et un haut blanc sans manche, cheveux relevés, et maquillage simple. Quand je sortais pour le rejoindre, mon coeur comme d'habitude redoubla de ses battements. Momar avait un short qui descendait aux genoux, un polo et des sandales. C'était la toute première fois que je le voyais en mode décontracté mais mon Dieu qu'est ce qu'il était sexy!
Il avait cette prestance qui me donnait envie de me blottir dans ses bras. J'en avais oublié mon agacement à son égard pour tout à l'heure.
Lui: Bonsoir ma belle.
Moi (devenue soudain timide): Salut
Lui: Alors contente que ça soit le weekend?
On discuta de la pluie et du beau temps jusqu'a ce qu'on soit arrivé devant un immeuble. J'étais tellement absorbée par notre discussion que j'avais omis de m'enquérir de l'endroit où il voulait qu'on se rende. Comme je le regardais avec des yeux interrogatifs, il expliqua
Lui: C'est l'immeuble où j'habite.
Je pensais qu'on irait encore dans un restaurant ou faire autre chose, mais je ne dis rien et le suivit dans un bel appartement décoré de manière masculine. Fauteuils, rideaux et tapis de la même couleur noire, aucun tableau ni de pot de fleurs... L'appartement avait du potentiel, mais la décoration laissait a désirer.
Lui: Fais comme chez toi.
Je m'assois, regardant partout tandis qu'il se allait dans la cuisine. Il revint avec des jus et deux verres puis se met a coté de moi.
Lui: T'as l'air inconfortable!
Moi: Non pas vraiment
Si je l'étais un peu mais je ne voulais rien laisser transparaitre. Apparemment, ça se lit sur le langage de mon corps.
Lui: Mets toi à l'aise je vais pas te manger!
Il va dans sa chambre et revient avec une collection de films anciens. D'après ce qu'il m'a expliqué c'est sa passion de collectionner les films anciens.
Y'avait que des films de mecs, au final j'ai choisi terminator. On regarda en silence, souvent interrompu de commentaires. Je commençais à me laisser aller peu à peu. Au milieu du film, je sentais les yeux de Momar aller et revenir sur moi mais je ne bougeais pas. Pour sortir de cette gêne qui commençait à me gagner, je lui demandai de l'eau et il me dit d'aller le chercher dans son frigo car c'était maintenant chez moi. J'y vais mais avant même d'ouvrir le frigo, je sentis des bras m'enlacer par derrière.
Lui: Tu ne m'as pas donné mon bisou du soir
Moi: Si au restaurant.
On restait immobile, lui derrière moi me serrant la taille.
Lui: Pas ce genre de bisous.
Avant que je ne réponde il me retourna, m'adossa contre le frigo et s'approchant progressivement de moi, commença à m'embrasser, doucement d'abord avant de presser ses lèvres contre les miennes avec plus de passion. Dos contre le frigo, frissonnant de partout, je l'enlace, mes bras autour de son cou. Son parfum m'enivre tellement que j'en perds la tête. Il laisse ma bouche pour enfouir son visage dans mon cou
Lui: Tu sens bon...
Je ne pouvais pas répondre, je n'en étais juste pas capable.
Il revient planter ses yeux dans les miens, et dans la pièce sombre de la cuisine, je pouvais lire tout ce que son regard me disait.
Lui: T'as deviné que tu me rendais fou n'est ce pas?
Moi: ...
Encore une fois, aucun mot ne pouvait sortir de ma bouche.
Comme dans son bureau, il me souleva de terre sans effort et sortit de la cuisine pendant qu'alarmée, je me disais que Momar était vraiment dangereux pour moi.
Quand je suis dans ses bras, je ne réfléchis plus J'en perds toute raison et me comporte d'une toute autre manière. Il m'allonge sur le canapé et se couche sur moi, les yeux brulants de passion contenue. Je me sentais toute chose avec son corps sur le mien, surtout de le sentir si proche, si intime.
...