Mais Olivier regardait Annette qui venait de s’asseoir en face de lui, et il n’entendait rien, il ne comprenait pas. Il la regardait, sans penser, se rassasiant de sa vue comme d’une chose habituelle et bonne dont il venait d’être privé, la buvant sainement comme on boit de l’eau quand on a soif. – Eh bien ! dit la comtesse, est-ce beau ? Il s’écria réveillé : – Admirable, superbe, de qui ? – Vous ne le savez pas ? – Non. – Comment, vous ne le savez pas, vous ? – Mais non. – De Schubert. Il dit avec un air de conviction profonde : – Cela ne m’étonne point. C’est superbe ! vous seriez exquise en recommençant. Elle recommença, et lui, tournant la tête, se remit à contempler Annette, mais en écoutant aussi la musique, afin de goûter en même temps deux plaisirs. Puis, quand Mme de


