XVIVers la fin d’août, les châtelains d’Arnelles virent apparaître l’avant-garde de leurs hôtes en la personne du duc et de la duchesse de Versanges, grand-oncle et grand-tante d’Élie. C’étaient d’aimables et charmantes vieilles gens, que le grand chagrin de leur vie – la mort d’un fils unique tué au cours d’une exploration en Afrique – n’avait pas rendu misanthropes, ni aigris contre les autres plus heureux. Élie, leur plus proche parent, l’héritier du vieux titre ducal, était de leur part l’objet d’une affection enthousiaste. Ce n’était pas à eux qu’il eût fallu parler d’absence de cœur chez lui, qu’ils prétendaient très bon et très délicat, toujours prêt à leur témoigner un dévouement discret. Ceux qui les entendaient ne protestaient généralement pas, par respect, mais songeaient : « Ce


