Il ne bougeait guère à cette époque, que pour aller à l’Université (qu’aurait-il pu faire d’autre ?) et chacune de ses sorties le mettait face à face avec les conséquences morales de son acte. C’est à l’Université que s’appesantissait sur lui, que s’attachait inéluctablement à lui comme une robe empoisonnée, le sombre prestige du mystère Haldin. Cette impression le faisait atrocement souffrir aussi bien que les conversations banales, inévitables dans les rapports quotidiens, qu’il fallait entretenir avec d’autres étudiants. « Ils doivent s’étonner du changement survenu en moi », se disait-il avec anxiété. Il se souvenait avec inquiétude d’avoir envoyé au diable, sur un ton de fureur, un ou deux braves garçons, bien inoffensifs. Un jour, un professeur marié chez qui il avait jusque-là fréqu


